Chine : atteint d'un cancer, le prix Nobel de la paix Liu Xiaobo a été libéré

Les autorités chinoises lui reprochaient sa participation à la rédaction de la Charte 08, un manifeste réclamant l'instauration de réformes démocratiques en Chine.

Le comité norvégien du prix Nobel de la paix avait laissé une chaise vide, lors de la remise symbolique de la récompense de Liu Xiaobo, le 10 décembre 2010 à Oslo (Norvège). 
Le comité norvégien du prix Nobel de la paix avait laissé une chaise vide, lors de la remise symbolique de la récompense de Liu Xiaobo, le 10 décembre 2010 à Oslo (Norvège).  (TOBY MELVILLE / REUTERS)

C'était l'une des figures de proue du mouvement démocratique de la place Tiananmen en 1989. Le prix Nobel de la paix chinois Liu Xiaobo a été libéré de prison après avoir été diagnostiqué le mois dernier avec un cancer du foie en phase terminale, annonce lundi 26 juin son avocat à l'AFP. "Il est désormais soigné à l'hôpital de Shenyang [dans la province de Liaoning, dans le nord-est de la Chine]. Il n'a aucun projet particulier. Il reçoit juste un traitement médical en raison de sa maladie", déclare l'avocat Mo Shaoping, précisant que le diagnostic est tombé le 23 mai et qu'il a été libéré quelques jours plus tard.

Ancien enseignant, l'intellectuel et dissident purgeait depuis 2009 une peine de 11 ans de réclusion pour "subversion", après avoir corédigé un texte prônant la démocratie en Chine, la Charte 08, et il lui restait donc encore trois ans à passer derrière les barreaux. Il a reçu en 2010 le prix Nobel de la paix alors qu'il était déjà emprisonné. En son absence, la récompense lui avait été remise de façon symbolique le 10 décembre 2010 à Oslo, l'opposant étant représenté par une chaise vide.

Seul prix Nobel de la paix emprisonné

L'attribution du Nobel avait suscité une vive colère de Pékin, qui avait gelé ses relations de haut niveau avec la Norvège, tandis que s'effondraient les exportations de saumon norvégien vers la Chine, où le militant des droits de l'homme est qualifié de "criminel". Washington et l'Union européenne, à l'instar de nombreux pays occidentaux et à l'unisson d'une vaste mobilisation internationale, avaient multiplié les appels au fil des ans pour presser Pékin de libérer Liu Xiaobo, seul prix Nobel de la paix emprisonné.

Son épouse Liu Xia reste en revanche toujours assignée à résidence, indique lundi à l'AFP Patrick Poon, un chercheur de l'ONG Amnesty International spécialiste de la Chine. Bien qu'elle ne fasse l'objet d'aucune accusation officielle, Liu Xia, assignée à résidence depuis 2010, n'a pas d'accès à internet, n'est pas autorisée à recevoir chez elle des visiteurs, et ne peut que rarement parler par téléphone à des membres de sa famille.