Accusations de travail forcé de Ouïghours : la marque de prêt-à-porter H&M rompt avec un fournisseur chinois

L'entreprise suédoise a indiqué qu'elle procédait à une "une enquête dans toutes les fabriques de vêtements" avec laquelle la marque travaille en Chine.

L\'enseigne H&M à Tokyo au Japon le 5 mai 2020.
L'enseigne H&M à Tokyo au Japon le 5 mai 2020. (NORIKAZU TATEISHI / YOMIURI / AFP)

Le géant suédois du prêt-à-porter Hennes et Mauritz (H&M) a annoncé mardi 15 septembre qu'il cessait toute relation avec un producteur de fil chinois en raison d'accusations de travail forcé de Ouïghours de la province chinoise du Xinjiang. Le détaillant a précisé qu'il ne travaillait avec aucun fabricant de vêtements de la région et qu'il ne s'approvisionnerait désormais plus en coton venant du Xinjiang, qui est la plus grande zone de production de coton chinoise.

Les Ouïghours, musulmans et turcophones, constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang, une immense région de l'ouest de la Chine qui a notamment des frontières communes avec l'Afghanistan et le Pakistan. Un rapport du think tank Australian Strategic Police Institute, publié en mars, désignait H&M comme l'un des bénéficiaires du programme de travail forcé à travers sa relation avec le fabricant de fil teint Huafu qui a une usine dans la province d'Anhui (est de la Chine).

Des persécutions à grande échelle

H&M a assuré dans un communiqué qu'il n'avait aucune relation avec cette usine à Anhui, ni avec les opérations de Huafu au Xinjiang. Mais le groupe suédois a toutefois concédé qu'il avait une "relation commerciale indirecte avec un moulin" situé à Shangyu dans la province Zhejiang (sud de la Chine), appartenant à Huafu Fashion. 

"Même s'il n'y a aucun signe de travail forcé dans ce moulin de Shangyu, nous avons décidé, en attendant d'avoir plus d'informations sur ces allégations de travail forcé, d'éliminer progressivement cette relation commerciale avec Huafu Fashion Co, indépendamment de la situation et de la spécialité, pour les prochains 12 mois", a ajouté le groupe en assurant qu'il allait mener "une enquête dans toutes les fabriques de vêtements avec laquelle (il) travaille en Chine".

Les pays occidentaux et de nombreuses organisations internationales, accusent Pékin de mener des persécutions à grande échelle contre les Ouïghours et d'avoir arbitrairement interné plus d'un million de musulmans du Xinjiang dans des camps. Le gouvernement américain a annoncé lundi qu'il allait bloquer l'importation d'une série de biens originaires de la région chinoise du Xinjiang, accusant Pékin d'y avoir recours au travail forcé de la minorité musulmane ouïghoure.