Attentat dans une mosquée de Québec : ce que l’on sait du suspect

Le tueur présumé, âgé de 27 ans, est décrit comme quelqu'un de "solitaire", aux idées politiques "très à droite". Il a été mis en examen après la fusillade qui a fait six morts, dimanche, parmi des fidèles musulmans.

Photo Facebook d\'Alexandre Bissonnette, le suspect principal de la tuerie dans une mosquée de Québec.
Photo Facebook d'Alexandre Bissonnette, le suspect principal de la tuerie dans une mosquée de Québec. (HANDOUT / REUTERS)

C'est un portrait qui se dessine peu à peu. Celui d'un homme "solitaire", aux idées politiques "très à droite". Alexandre Bissonnette a été formellement inculpé du meurtre de 6 personnes, dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 janvier, à la grande mosquée de Québec (Canada). Franceinfo vous résume ce que l'on sait de cet homme de 27 ans, qui n'a pour le moment ni revendiqué, ni expliqué son geste.

Il a grandi dans une famille "sans problème"

Alexandre Bissonnette a vécu dans un quartier aisé de la ville de Québec. Les voisins, qu'a pu rencontrer Le Journal de Québec, décrivent une famille "exemplaire" et des enfants "sans problème", "des petits gars polis, toujours soudés et bien éduqués".

Il est décrit comme "introverti"

Partout où il va, Alexandre Bissonnette ne se sépare jamais de son frère jumeau. "Je ne le voyais pas avec d’autres personnes", se souvient un étudiant interrogé par La Presse, qui décrit quelqu'un de "solitaire", "introverti", "impopulaire", qui n'a "pas vraiment d'amis".

Au lycée, "il avait une personnalité anti-sociale", témoigne une ancienne camarade de classe, dans les colonnes du Journal de Montréal. Il était surnommé "le méchant". Il avait l'habitude de répondre "avec des insultes", et "traitait les filles de putes". 

Il agissait comme un "troll" sur le web

Alexandre Bissonnette passe beaucoup de temps sur internet. Il est connu pour ses critiques en ligne. Un témoin rencontré par La Presse évoque un "troll" très présent dans le web québécois. Ses cibles préférées : les groupes féministes, qu'il traite de "féminazis". Depuis plusieurs mois, il s'en prenait aussi à la page Facebook du groupe "Bienvenue aux réfugiés". Son administrateur n'a pas souvenir d'attaques précises ciblant les musulmans, "mais plutôt les étrangers en général"

Il avait des idéaux "très à droite" 

Selon l'université de Laval, Alexandre Bissonnette suivait un cursus en sciences politiques, après avoir effectué un passage en anthropologie. Amateur de chasse, et propriétaire d’armes à feu, il est connu pour ses idées politiques "pro-Israël","pro-Trump", et "anti-immigration", a vérifié Le Journal de Québec

Sur son profil Facebook, avant qu'il soit rendu inaccessible, la presse québecoise a notamment retrouvé des liens vers les pages de Marine Le Pen. "Il avait un mécontentement permanent contre la gauche", se souvient un homme qui a eu l'occasion de parler politique avec lui. Après le drame, Alexandre Bissonnette a d'ailleurs immédiatement contacté les policiers pour les informer sur ses idéaux "très à droite et ultra-nationaliste suprématiste blanc", explique Le Journal de MontréalDepuis un mois, "il ne répondait plus au téléphone, ni aux messages Facebook".

Il n'avait jamais fait face à la justice

Jusque-là, le casier judiciaire d'Alexandre Bissonnette était vierge. Il a seulement reçu quelques contraventions "pour port de ceinture, vitesse et des stationnements illégaux au cours des dernières années", croit savoir Le Journal de Québec.