Visite de Le Drian au Brésil : "La diplomatie française a toujours été très pragmatique face aux régimes autoritaires"

En tournée en Amérique latine, le ministre des Affaires étrangères français se rend au Brésil de Jair Bolsonaro.

Jean-Yves Le Drian, à Bruxelles le 15 juillet 2019 (photo d\'illustration)
Jean-Yves Le Drian, à Bruxelles le 15 juillet 2019 (photo d'illustration) (JOHN THYS / AFP)

Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian débute, samedi 27 juillet, une visite au Brésil, où il est reçu par le président Jair Bolsonaro. "La diplomatie française a toujours été très pragmatique face aux régimes autoritaires", explique sur franceinfo Olivier Compagnon, directeur de l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL), et professeur d'histoire à l'université Paris III - Sorbonne Nouvelle.

Les enjeux sont considérables.Olivier Compagnon, directeur de l'Institut des hautes études de l'Amérique latineà franceinfo

"On l'avait vu dans l'Amérique latine des années 1970, explique Olivier Compagnon. La France était déjà très bien implantée, et malgré l'arrivée au pouvoir de régimes violents, répressifs, comme le Chili de Pinochet, la France de Pompidou avait continué ses relations économiques, tout en protestant régulièrement contre les violations des droits de l'Homme."

Trouver un accord en matière de climat

Au niveau économique, la relation entre la France et le Brésil est "une relation déséquilibrée, très largement à l'avantage de la France", estime Olivier Compagnon. "Il convient donc de la préserver plus que tout", notamment dans le domaine des énergies renouvelables et de la lutte contre le changement climatique, "très porteur pour les entreprises françaises au Brésil", précise le directeur de l'IHEAL.

Jair Bolsonaro avait annoncé durant sa campagne sa volonté de se retirer de l'accord de Paris. "Je pense qu'il y a une volonté de trouver un point d'accord, pas forcément pour convaincre le président brésilien de revenir en arrière sur ses positions 'trumpiennes' en matière de climat, mais au moins pour préserver les intérêts français dans ce domaine", conclut Olivier Compagnon.