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Brésil : la présidente Dilma Rousseff affrontera au second tour le centriste Aecio Neves

L'actuelle chef de l'Etat a obtenu environ 41% des voix, suivie par son rival Aecio Neves (34%), dimanche, lors du premier tour de l'élection présidentielle. 

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France Télévisions
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Les candidats travailliste et social-démocrate à la présidentielle brésilienne, Dilma Rousseff (G) et Aecio Neves (D), après avoir voté, le 5 octobre 2014, à Porto Alegre et Belo Horizonte. (REUTERS)

La présidente brésilienne de gauche, Dilma Rousseff, affrontera, le 26 octobre, le centriste Aecio Neves, au second tour de l'élection présidentielle. La candidate du Parti des travailleurs (PT) a largement viré en tête du premier tour, dimanche 5 octobre, avec 41,48% des voix, selon des résultats officiels presque définitifs.

Son rival centriste, Aecio Neves, du Parti social-démocrate brésilien (PSDB), en pleine dynamique d'ascension, a obtenu un score de 33,68%, bien supérieur aux 26-27% prévus par les sondages de samedi. L'ex-populaire gouverneur de l'Etat de Minas, le deuxième plus peuplé du Brésil, a éliminé l'écologiste Marina Silva, qui n'a finalement obtenu que 21,29% des voix.

Marina Silva, un soutien très recherché

La campagne du second tour promet une bataille acharnée entre Dilma Rousseff et Aecio Neves pour rallier les voix de Marina Silva, une dissidente du PT qui prônait une politique socialement à gauche et économiquement à droite. Aecio Neves, se disant "honoré de représenter l'espoir de changement au second tour", a immédiatement appelé le Parti socialiste brésilien (PSB), dont Marina Silva défendait les couleurs, à se joindre à lui pour battre Dilma Rousseff.

Etats-majors politiques, commentateurs et électeurs attendent avec impatience de connaître les consignes de vote du PSB et de Marina Silva, qui prônait une "nouvelle politique" en rupture avec vingt ans de bipolarisation PT-PSDB. Marina Silva n'a pas voulu se prononcer immédiatement. "Nous allons organiser des réunions, dialoguer entre nous" avant de prendre une "décision conjointe" fondée sur les programmes, a-t-elle expliqué. Mais elle a ajouté : "Le Brésil a clairement signifié qu'il n'était pas d'accord avec la situation actuelle."

La candidate du Parti socialiste brésilien, Marina Silva, salue ses partisans en arrivant à son bureau de vote, le 5 octobre 2014, à Rio Branco. (REUTERS)

Dilma Rousseff a remercié depuis Brasilia les électeurs de l'avoir mis en pole position à l'issue du premier tour. "La lutte continue, une lutte qui sera victorieuse parce que c'est la lutte du peuple brésilien. Cette lutte est la lutte des bâtisseurs de l'avenir qui ne laisseront jamais le Brésil revenir en arrière", a déclaré l'ancienne guérillera.

La tentation Neves, pour relancer l'économie 

"Aecio Neves renaît de ses cendres et arrive au second tour avec beaucoup de force. Je crois que Rousseff et Neves ont chacun 50% de chances de l'emporter. La campagne va être très courte et très intense", a commenté l'analyste politique André César, du cabinet de consultants Prospectiva.

Plus de 142 millions d'électeurs brésiliens ont voté, dimanche, pour élire leur président, mais aussi leurs 513 députés fédéraux, 1 069 députés régionaux, ainsi que 27 gouverneurs et un tiers du Sénat (27 sièges) parmi plus de 26 000 candidats. Les électeurs du principal pays d'Amérique latine sont partagés entre fidélité au bilan des conquêtes sociales initiées par Lula (2003-2010), le mentor de Dilma Rousseff, et tentation de voter pour le centre, afin de relancer l'économie en panne.

Ces élections se déroulent dans un contexte bien différent de celles de 2010, remportées par Dilma Rousseff dans l'euphorie finissante du "miracle" des années Lula. Le vent a tourné pour la septième puissance économique mondiale : quatre ans de croissance au ralenti jusqu'à l'entrée en récession au premier semestre, sur fond de poussée de l'inflation (6,5%) et de dégradation des comptes publics. Un maigre bilan contrebalancé par un taux de chômage historiquement bas (4,9%).

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