Brésil : la police annonce avoir identifié "le cerveau" derrière le meurtre d'un journaliste et d'un spécialiste de l'Amazonie

Ruben da Silva Villar, alias "Colombia", est accusé d'avoir ordonné l'assassinat des deux hommes qui préparaient un livre sur la protection de la forêt.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des employés de la Fondation nationale de l'Indien manifestent après la disparition du journaliste Dom Philips et de l'expert Bruno Pereira, le 9 juin 2022 à Brasilia (Brésil). (EVARISTO SA / AFP)

Le journaliste britannique Dom Phillips, 57 ans, et l'expert brésilien Bruno Pereira, 41 ans, faisaient des recherches pour leur livre Comment sauver l'Amazonie quand ils ont disparu en juin 2022 dans une zone reculée de la forêt amazonienne. Sept mois après la découverte des dépouilles des deux hommes, la police brésilienne a annoncé, lundi 23 janvier, avoir réuni des "preuves solides" permettant d'identifier le commanditaire de ce double meurtre.

La police fédérale (PF), dont l'enquête est "pratiquement close", a conclu que Ruben da Silva Villar, alias "Colombia", a ordonné leurs assassinats. "Les enquêtes sont en phase finale et nous avons de fortes indications qui désignent Colombia comme le cerveau de ces crimes", a déclaré le chef de la PF de l'Etat d'Amazonas, Eduardo Fontes, lors d'une conférence de presse.

En détention depuis décembre, Ruben da Silva Villar est soupçonné de diriger une organisation criminelle de pêche illégale dans la vallée de Javari, où ont été commis les crimes. Cette vaste étendue de jungle, isolée aux frontières du Brésil avec le Pérou et la Colombie, est en proie à une recrudescence des activités de pêche illégale, d'exploitation forestière et minière, et de trafic de drogue.

Des meurtres sur fond de pêche illégale

Expert des peuples de la forêt amazonienne, Bruno Pereira, luttait contre la pêche illégale dans la réserve indigène de cette vallée qui compte la plus grande concentration de tribus qui ne sont jamais entrées en contact avec le reste du monde. "Le contrôle de la pêche illégale qui était exercé par Bruno a porté un grand préjudice au groupe criminel", a expliqué le chef de la police d'Amazonas.

Les chefs indigènes qui coopéraient avec Bruno Pereira accusaient déjà formellement "Colombia" d'avoir ordonné la mort de l'expert brésilien pour avoir organisé des patrouilles indigènes qui ont saisi des cargaisons de pêche illégale. En plus de "Colombia", "trois hommes sont également sous les verrous", accusés d'avoir pris part au double meurtre ou aidé à la dissimulation des corps.

Arrêté une première fois en juillet et placé en détention, "Colombia" avait été libéré sous caution en octobre. Mais la justice fédérale avait ordonné son retour derrière les barreaux pour non-respect des ses obligations d'assignation à résidence. 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Brésil

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.