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Brésil : Aecio Neves, l’outsider revenu en force dans la course à la présidence

Au Brésil, la présidente sortante de gauche Dilma Rousseff et le social-démocrate Aecio Neves sont en lice pour le second tour de l’élection présidentielle, prévu le 26 octobre. L'ex-gouverneur de l'Etat de Minas Gerais, le deuxième le plus peuplé du pays, a fait mentir les instituts de sondages qui le mettaient hors jeu dès le premier tour, le 5 octobre 2014.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Le candidat social-démocrate Aecio Neves, au côté de sa femme Leticia Weber, lors d'une conférence de presse à Belo Horizonte, dans le Minas Gerais (Brésil), le 5 octobre 2014. (REUTERS / Washington Alves)
Aecio Neves est le petit-fils de Tancredo Neves, élu président de la république du Brésil en 1985 à la fin de la dictature militaire (mort avant d’occuper sa fonction). C’est ce grand-père célèbre qui lui a mis le pied à l’étrier politique à l’âge de 20 ans, en 1981, quand il briguait le poste de gouverneur du Minas Gerais. Un Etat au nord de Rio, où la famille Neves est bien implantée puisque 20 ans plus tard, Aecio en devenait lui aussi le gouverneur (2003-2010).
 
Député, gouverneur, sénateur… en 30 ans, Aecio Neves a inscrit sur son CV un parcours politique sans faute. Candidat du Parti social-démocrate brésilien (PSDB), il aimerait aujourd'hui s’asseoir dans le fauteuil présidentiel à la place de Dilma Rousseff, la candidate du Parti des travailleurs.
 
D'outsider à présidentiable
Encore outsider il y a quelques jours, Aecio Neves a fait mentir tous les sondages qui le donnaient bon troisième derrière le tandem féminin Rousseff-Silva. Et a obtenu 33,55% des voix contre 41,59% à Mme Rousseff et 21,32% à Mme Silva. Alors que le pessimisme régnait dans son camp, prêt avant même les résultats à une alliance avec Marina Silva, Aecio Neves n’a jamais baissé les bras. Et a tracé son sillon avec pour slogan de campagne : «Le chemin sûr du vrai changement pour le Brésil».
 
Depuis que Marina Silva a été éliminée de la course à la présidentielle, cet économiste libéral de 54 ans, dauphin de l'ancien président Fernado Henrique Cardoso (1994-2002), est soutenu par les milieux d'affaires. A tel point que la bourse brésilienne, la plus importante d'Amérique latine, a terminé en hausse de près de 5% au lendemain du premier tour, le 6 octobre. Une manière pour les marchés de saluer sa présence dans la dernière ligne droite face à Dilma Rousseff. Selon eux, elle est responsable de la faible croissance économique de la 7e économie mondiale durant ses quatre années de mandat.
 
Dilma Rousseff et Aecio Neves après un débat télévisé à Rio de Janeiro, le 2 octobre 2014. (REUTERS / Ricardo Moraes)

Une euphorie boursière expliquée par l’économiste André Perfeito : «Aecio figure comme favori en raison de sa dynamique électorale et en outre, beaucoup d'électeurs de Marina Silva pourraient se tourner vers lui.» Et d’ajouter : «Cependant, j'appelle à la prudence. La présidente Dilma est une figure qui dispose encore d'un fort soutien populaire et elle se trouve en tête des sondages pour le second tour.»
 
S’il est très populaire dans le Minas Gérais, il a du mal à marquer des points auprès des classes populaires, desservi par ses origines bourgeoises et un profil un peu lisse.

On le dit chanceux. Lui croit à sa bonne étoile. Heureux en amour – il s'est remarié en 2013 avec un ancien top modèle de 20 ans sa cadette, avec qui il vient d’avoir des jumeaux –, il est souvent dépeint comme un fêtard et à ce titre se retrouve souvent dans les pages people des magazines. Sa candidature a été soutenue, entre autres, par l'ancien footballeur Ronaldo.

En route pour le palais présidentiel
Le second tour risque d’être serré entre les deux candidats dont les partis sont au pouvoir depuis 20 ans, entre celle qui promet un capitalisme géré par l'Etat et celui qui se montre favorable aux marchés.

Aujourd’hui, Aecio Neves a prouvé qu'il avait les reins solides alors que même son propre camp l'envisageait battu. Il va devoir tenter de combler son retard sur Mme Rousseff, qui n'a pas dit son dernier mot, pour prendre ses quartiers... au palais présidentiel du Planalto de Brasilia. Pour ce faire, il devra encore convaincre les électeurs de Marina Silva de voter pour lui et les siens de rester en ordre de bataille, comme le montre son clip de campagne relayé sur twitter.


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