Birmanie : les manifestations continuent malgré la répression meurtrière de mercredi

Les Nations unies ont haussé le ton jeudi, exhortant l'armée à cesser "d'assassiner" les contestaires pro-démocrates.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des manifestants en Birmanie, le 4 mars 2021. (STR / AFP)

Les manifestations continuent en Birmanie. Des manifestants sont descendus dans les rues, jeudi 4 mars, malgré la peur qui était dans tous les esprits au lendemain de la journée de répression la plus meurtrière depuis le coup d'Etat, avec au moins 38 manifestants tués d'après l'ONU. Les Nations unies ont d'ailleurs haussé le ton, exhortant l'armée à cesser "d'assassiner" les contestaires pro-démocrates.

"Je suis également consternée par les attaques documentées contre le personnel médical d'urgence et les ambulances qui tentent de prodiguer des soins aux personnes blessées", a déclaré Michelle Bachelet, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme. Malgré la crainte des représailles, plusieurs manifestations ont eu lieu, notamment à Rangoun, la capitale économique. "Nous sommes unis", ont scandé des protestataires, protégés derrière des barricades de fortune érigées à l'aide de vieux pneus, briques, sacs de sable, bambous et fils de fer barbelé.

Les violences de mercredi ont provoqué un nouveau concert de protestations internationales. Le président Emmanuel Macron a exhorté à "l'arrêt immédiat de la répression" et le département d'Etat américain s'est dit "horrifié et révulsé", appelant la Chine à "utiliser son influence" auprès des généraux. Pékin et Moscou, alliés traditionnels de l'armée birmane aux Nations unies, n'ont pas formellement condamné le coup d'Etat, considérant la crise comme "une affaire intérieure" au pays.

Plus de 1 700 personnes arrêtées

La répression se poursuit aussi sur le terrain judiciaire. Aung San Suu Kyi, toujours tenue au secret par l'armée, est désormais visée par quatre chefs d'inculpation, dont "incitation aux troubles publics". L'ex-président Win Myint est notamment accusé d'avoir enfreint la Constitution. Six journalistes birmans, dont Thein Zaw, un photographe de l'agence américaine Associated Press (AP), sont eux poursuivis pour avoir "causé la peur parmi la population, répandu de fausses informations (...) ou incité des employés du gouvernement à la désobéissance". Ils encourent trois ans de prison.

Plus de 1 700 personnes ont été arrêtées et au moins 54, tuées, depuis le 1er février, d'après l'ONU. Les derniers soulèvements populaires de 1988 et de 2007 ont été réprimés dans le sang par les militaires. L'armée, qui conteste le résultat des élections de novembre remportées massivement par le parti d'Aung San Suu Kyi, a promis la tenue d'un nouveau scrutin, sans donner aucun calendrier.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.