Birmanie : Aung San Suu Kyi de nouveau inculpée, au lendemain d'une répression meurtrière

L'ex-dirigeante était déjà inculpée pour avoir importé illégalement des talkies-walkies et pour ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus, des motifs extravagants pour les observateurs internationaux.

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Des centaines de personnes manifestent à Taipei (Taïwan) contre le coup d'Etat militaire en cours en Birmanie et exigent la libération de la dirigeante Aung San Suu Kyi, le 28 février 2021. (CENG SHOU YI / NURPHOTO / AFP)

L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, déjà poursuivie pour avoir enfreint d'obscures règles commerciales et sanitaires, a été inculpée pour deux nouvelles infractions, lundi 1er mars, tandis que les tensions restaient vives dans le pays au lendemain de la journée de répression la plus meurtrière depuis le coup d'Etat.

La prix Nobel de la paix est désormais poursuivie pour avoir violé une loi sur les télécommunications et pour "incitation aux troubles publics", a indiqué l'avocat Nay Tu, membre de son équipe de défense, à l'issue de l'audience à laquelle Aung San Suu Kyi a assisté en vidéoconférence. Elle était déjà inculpée pour avoir importé illégalement des talkies-walkies et pour ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus, des motifs jugés extravagants par les observateurs internationaux.

Tenue au secret depuis son arrestation, elle semble "en bonne santé", a indiqué son principal avocat Khin Maung Zaw, qui voyait pour la première fois sa cliente en visioconférence, n'étant toujours pas autorisé à la rencontrer. Une prochaine audience est prévue le 15 mars.

Au moins 18 personnes tuées dimanche 

Ces nouvelles inculpations interviennent au lendemain d'une journée de répression particulièrement sanglante. Au moins 18 personnes ont été tuées dimanche, selon les Nations unies qui se basent sur "des informations crédibles". L'AFP a pu confirmer à ce stade de source indépendante 10 morts, mais certains rapports mettent en avant un bilan encore plus lourd que celui annoncé par l'ONU.

Malgré la peur des représailles, les contestataires étaient de nouveau dans les rues lundi et les tensions étaient vives. Près de la tristement célèbre prison d'Insein à Rangoun, les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants rassemblés pour protester contre les multiples arrestations de la veille, d'après une retransmission en direct sur les réseaux sociaux.

Dans d'autres endroits de la capitale économique, certains manifestants ont érigé des barricades de fortune avec des panneaux de bois, des canapés ou des poteaux en bambou pour se protéger. La police a tiré avec des balles en caoutchouc pour tenter d'en disperser certains, d'après un média local qui fait état de plusieurs blessés.

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