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Au Bangladesh, les islamistes manifestent en masse contre des blogueurs athées

Plus de 200.000 islamistes ont marché vers Dacca, la capitale du pays, ce samedi pour exiger la pendaison de blogueurs athées pour blasphème. Depuis plusieurs années, le conflit entre radicaux religieux et militants athées s'est déplacé sur la blogosphère du pays.
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Radio France
Publié Mis à jour
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Franceinfo (Franceinfo)

Au Bangladesh, la blogosphère est devenue le théâtre d'affrontements autour de la notion de blasphème. Pendant plusieurs années les islamistes radicaux et les athées militants se sont écharpés en ligne. Mais désormais, ces discussions ont lieu dans le monde réel, et elles ont pris un tournant sanglant, après la mort en février d'un blogueur athée découvert décapité.

De 200.000 à 500.000 islamistes ont manifesté ce samedi à Dacca, la capitale de l'ancien Pakistan-Oriental (devenu Bangladesh). Au terme d'une longue marche, ils ont réclamé la pendaison pour blasphème des blogueurs athées.

"Dieu est grand, pendez les blogueurs athées! ", ont scandé les manifestants, en exigeant la création d'une nouvelle loi anti-blasphème. A l'initiative du groupe Hefajat-e-Islam, un groupement islamique qui dispose d'un réseau puissant, cette manifestation a réuni plus d'un demi million de personnes selon les organisateurs.

Huit blogs suspendus

"Je suis venu ici pour me battre pour l'Islam. Nous n'autoriserons aucun blogueur à blasphémer notre religion ni notre prophète bien aimé Mohammed ", a déclaré Shahidul Islam, l'imam d'une mosquée des faubourgs de Dacca ayant parcouru 20 kilomètres à pied pour rallier le mouvement.

De leur côté, les blogueurs ont aussi organisé leur manifestation, pour protester contre la fermeture de huit blogs par des opérateurs bangladeshis. De plus, au cours de la semaine écoulée, quatre auteurs en ligne ont été arrêtés au motif que leurs écrits étaient blasphématoires à l'égard de l'islam et du prophète Mahomet.

Les autorités de Dacca se retrouvent pris entre deux feux entre les partisans de ces blogueurs, accusant le gouvernement de courber l'échine devant les islamistes, et ces derniers réclamant à cor et à cris la mort des blasphémateurs.

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