Attentat à Kaboul : "J'ai cru que l'explosion faisait partie du spectacle"

Un attentat suicide à l'Institut français a fait au moins trois morts ce jeudi à Kaboul, en Afghanistan, en pleine représentation théâtrale. Les témoins livrent leur récit, après la stupeur.

(Les forces de sécurité pakistanaises montent la garde devant l'entrée de l'Institut français de Kaboul © AP/SIPA/Massoud Hossaini)

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Le kamikaze, qui serait âgé d'environ 17 ans, a déclenché le système d'explosifs caché sur lui en plein auditorium du centre culturel français de Kaboul, un bâtiment jouxtant le très connu lycée Istiqlal. Dans la salle, ce jeudi, une centaine de personnes selon les témoignages, venus assister à une pièce de théâtre. Parmi les spectateurs, il y avait Giuliano, un ressortissant italien. Il explique avoir d'abord "cru que l'explosion faisait partie du spectacle" , avant de comprendre en voyant le sang autour de lui, qu'il s'agissait d'un attentat. Il n'en croit pas ses yeux. Il a confié son récit à notre collègue de France Inter, Philippe Randé.

Giuliano : "J'ai cru que cela faisait partie du spectacle"
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La stupeur, donc, pour ceux qui étaient présents. Surtout que l'Institut français, et le lycée Istiqlal, sont réputés dans le pays, les derniers signes de la présence française dans la capitale afghane. Laurent Souchard, chef du programme d'appui au lycée, qui enseigne le français, n'était pas dans le bâtiment au moment de l'explosion, mais il a vu l'agitation.

Le témoignage de Laurent Souchard, chef du programme d'appui qui enseigne le français à Kaboul
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Ironie de l'histoire, la pièce jouée à l'Institut français, Battement de coeur, le silence après l'explosion , était une dénonciation, justement, des attentats suicides. Les talibans, qui augmentent la pression dans le pays à deux semaines du départ des forces de l'Otan, ont revendiqué l'attaque. La sécurité avait été renforcée devant les grilles du lycée, mais cela n'aura pas suffi.