Kaboul : au moins trois morts après un attentat contre l'Institut français

Le lycée Istiqlal de Kaboul, francophone et abritant un centre culturel français, a été la cible d'un attentat suicide ce jeudi, faisant au moins trois morts et 15 blessés selon un premier bilan. Le kamikaze serait un adolescent, selon le vice-ministre afghan de l'Intérieur. Il n'y a pas de victime française.

(Des policiers sont rassemblés devant l'institut français de Kaboul après l'attentat commis ce jeudi © REUTERS/Mohammad Ismail)

Un kamikaze s'est fait exploser ce jeudi, à Kaboul, dans l'enceinte du lycée Istiqlal, connu pour abriter un centre culturel français dans la capitale afghane. Le bilan, encore provisoire, fait état d'au moins trois morts et 15 blessés. Mais le ministère afghan de l'Intérieur, dont le vice-ministre, affirme que le kamikaze était un adolescent de 17 ans, craint que le bilan s'alourdisse rapidement. Il a fait exploser sa veste garnie d'explosifs en plein milieu de la foule, espérant vraisemblablement faire le maximum de victimes.

Selon les premiers témoignages, l'attentat se serait produit pendant la représentation d'une pièce de théâtre dans l'auditorium du centre culturel, qui peut accueillir quelque 450 personnes. Le lycée Istiqlal est en fait l'ancien lycée français de Kaboul. Mais selon nos informations, il n'y aurait pas de victime française. France Info a pu joindre un témoin de l'attaque.

Le témoignage de Laurent Souchard, chef du programme d'appui qui enseigne le français à Kaboul
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(L'entrée du lycée Istiqlal à Kaboul © SIPA/Jobard)

Hollande parle d'un "attentat odieux "

Dans un communiqué de l'Elysée, François Hollande "condamne l'attentat odieux qui s'est produit dans l'enceinte de l'Institut français d'Afghanistan ". Selon le chef de l'Etat, "c'est la culture et la création que les terroristes ont visées ".

Le Premier ministre Manuel Valls a également publié un communiqué.

Depuis Lima où il assiste à la conférence environnementale, Laurent Fabius a réagi à cet attentat. Le ministre des Affaires étrangères confirme que l'attaque a fait plusieurs morts et de nombreux blessés, mais aucune victime française. Une cellule de crise a été mise en place.

Laurent Fabius : "C'est quand même la France qu'on a voulu toucher"
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Deux semaines avant le départ de l'Otan

Dans la matinée, Kaboul avait été le théâtre d'un autre attentat suicide, contre un minibus de l'armée, faisant six mort parmi les soldats. Cette attaque avait été revendiquée par les talibans. Selon Olivier Guillard, directeur de recherche à l'Iris, l'institut français est "l'une des rares institutions françaises encore ouvertes dans la capitale afghane ". Dans ce lycée presque centenaire, des générations d'Afghans ont pu apprendre le français, à l'image du commandant Massoud, héros de la lutte contre les Soviétiques et les talibans.

(Un premier attentat suicide contre un minibus de l'armée a fait six morts jeudi matin à Kaboul © REUTERS/Omar Sobhani)

Ces deux attaques successives surviennent alors que les forces de l'Otan, ou en tout cas l'essentiel de celles-ci, doivent quitter le pays d'ici la fin du mois. Selon Georges Lefeuvre, anthropologue et spécialiste de l'Afghanistan, les talibans "ont tout intérêt à mettre le paquet au moment où les forces de l'Otan se retirent ".

Georges Lefeuvre, anthropologue : "Il faut voir la main des talibans"
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Autre réaction, celle de Gérard Chaliand, historien et spécialiste de géostratégie. Il explique que "notre présence remonte à plus de 70 ans ", et que l'attaque sert un double dessein, "frapper à la fois les Français et, d'autre part, un lieu symbolique ".

Gérard Chaliand : "Les talibans cherchent les gestes les plus spectaculaires possibles"
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(Plan de situation du lycée Istiqlal © IDÉ)