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Retour en France de Michaël Blanc : "C'est l'aboutissement de près de vingt ans de combats"

Arrêté en 1999 sur l'île de Bali avec 3,8 kilos de cannabis, Michaël Blanc avait été condamné à la prison à vie avant que sa peine soit commuée. Son oncle l'attend désormais en France.

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Radio France
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Le Français Michaël Blanc, le 21 janvier 2014, à Jakarta (Indonésie). (ROMEO GACAD / AFP)

Depuis quelques heures, Michaël Blanc est autorisé à quitter l'Indonésie pour revenir en France. "C'est l'aboutissement de près de vingt ans de combats", dit avec soulagement Alfredo Descalzi, son oncle et le secrétaire de son association de soutien, samedi 21 juillet sur franceinfo. "Nous avons tenté de le ramener en France depuis le premier jour, parce que nous sommes persuadés de son innocence."

Arrêté en décembre 1999, à l'âge de 26 ans, à l'aéroport international de l'île touristique de Bali avec 3,8 kilos de haschisch dans des bouteilles de plongée, il avait affirmé qu'un ami les lui avait confiées pour les transporter. Echappant de justesse à la peine de mort, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, Michaël Blanc a bénéficié d'une grâce présidentielle partielle en 2009 et vu sa peine commuée en 20 ans de prison.

Après avoir obtenu une libération conditionnelle, il est sorti de prison en 2014 mais sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l'Indonésie, une restriction qui s'achève ce samedi 21 juillet. "On va essayer qu'il parte aujourd'hui par tous les moyens, mais ce n'est pas garanti", a indiqué son oncle Alfredo Descalzi.

franceinfo : Ce 21 juillet 2018 est forcément un jour particulier.

Alfredo Descalzi : C'est l'aboutissement de près de vingt ans de combats. Nous avons tenté de le ramener en France depuis le premier jour, parce que nous sommes persuadés de son innocence. On n'a pas pu empêcher cette condamnation, d'abord à perpétuité et ensuite heureusement, commuée en peine à durée déterminée. Nous avons tout fait pour que sa mère puisse rester à ses côtés et pour mobiliser l'opinion. Ce qui a très bien réussi dans un premier temps, au moment de sa condamnation. Ensuite, la vague d'indignation s'est estompée et nous avions moins d'échos. Mais ça a été un moment incroyable de solidarité de tous les Français et au-delà de la France, aussi. Ce qui nous a permis d'obtenir de meilleures conditions de détention pour Michaël, des soins, ainsi que la présence physique de sa mère, qui avait tout sacrifié pour être à ses côtés.

Quand va-t-il rentrer en France ?

On l'attend d'un moment à l'autre. Hier était une journée terriblement attendue pour nous. Sa mère ne dort plus depuis 48 heures, parce qu'il manquait un document des services d'immigration, qui fonctionnent un peu comme la police aux frontières et qui devait faire le nécessaire pour qu'il puisse quitter le territoire. Normalement il devait être sur des listes de personnes interdites de sorties, puisqu'il était considéré comme un prisonnier. Il était en liberté conditionnelle depuis 2014. On va essayer qu'il parte aujourd'hui par tous les moyens, mais ce n'est pas garanti.

Dans quel état d'esprit est-il ?

J'ai eu sa mère au téléphone, plusieurs fois. Déjà, quelques jours avant, elle m'a dit : "il est déjà en France" depuis un mois. Il était très anxieux de rentrer. Il a 45 ans, il doit reconstituer une vie. Il faudra qu'il trouve un logement, un travail. Mais je suis confiant, il va très bien. Il est solide. Il est très lucide. Cela ne va pas être de tout repos, naturellement. Il devra se reposer, revenir dans la famille, reprendre pied et ensuite se lancer dans la recherche d'une activité.

Il a bénéficié de beaucoup de soutien, notamment celui de Thierry Ardisson.

Ce sera certainement son premier acte public que de remercier Thierry, parce que sans son émission Tout le monde en parle, dans lequel il avait lancé un véritable "Michaëlthon" comme il l'avait appelé, il aurait impossible pour l'association, toute seule, de maintenir pendant toutes ces années, ce soutien ou de payer pour les visas tous les six mois. Parce qu'on ne peut pas rester, c'est très difficile d'obtenir une autorisation de séjour, donc [la mère de Michaël] devait sortir, aller à Singapour. Ça aurait très difficile sans cet appui orchestré par Thierry pendant deux ans. Ça nous a donné des fonds, géré par l'association. Le plus extraordinaire, on est arrivé à l'épuisement de ce capital en début de cette année.

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