Les talibans afghans publient la biographie du mollah Omar pour contrer l'EI

Face à l'influence grandissante du groupe terroriste au sein de la mouvance jihadiste locale, ils tiennent à faire savoir que leur commandant borgne est bien vivant. On apprend, dans cet récit, que le RPG-7, un lance-grenades antichars de confection russe, est son "arme préférée".

Capture d\'écran d\'une des rares images du mollah Omar (au centre), diffusée dans une émission de la BBC en 1996. 
Capture d'écran d'une des rares images du mollah Omar (au centre), diffusée dans une émission de la BBC en 1996.  (BBC NEWSNIGHT / AFP)

Les talibans afghans ont publié, dimanche 5 avril, la biographie de leur chef historique, le mollah Omar. Un geste surprise visant, selon des analystes, à contrer l'influence croissante de l'organisation Etat islamique (EI) au sein de la mouvance jihadiste locale.

Les responsables afghans font état depuis quelques mois d'une progression de l'EI, alors que d'ex-commandants talibans, mécontents de leur direction actuelle, ont plaidé allégeance à cette organisation, qui contrôle des pans entiers de l'Irak et la Syrie.

Faire taire les rumeurs

La biographie en anglais du mollah Omar, mise en ligne sur le site officiel des insurgés, marque le 19e anniversaire de la désignation du chef suprême des talibans, le 4 avril 1996, lors d'un rassemblement à Kandahar, dans le sud-ouest de l'Afghanistan.

Le texte présente le mollah Omar comme étant encore impliqué dans les "activités jihadistes", une façon pour les insurgés de faire taire les rumeurs selon lesquelles leur commandant borgne serait en fait mort.

Dix millions de dollars pour sa capture

Truffée d'anecdotes de combat, la biographie va jusqu'à qualifier le RPG-7, un lance-grenades antichars de confection russe, "d'arme préférée" du mystérieux mollah. Les Etats-Unis promettent jusqu'à 10 millions de dollars pour des informations menant à sa capture.

"Cette annonce vise aussi à montrer que le mollah Omar est vivant, qu'il se porte bien et qu'il a toujours le contrôle en tant que chef suprême des talibans", estime Ahmed Sayedi, un spécialiste de la mouvance talibane.