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Le dirigeant chinois Bo Xilai admet des erreurs, lors de son procès

Toutefois, il a à nouveau nié avoir protégé sa femme meurtrière.

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France Télévisions
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Le dirigeant chinois Bo Xilai lors de son procès Jinan (Chine), le 24 août 2013. (JINAN IPC / AFP)

C'est une première depuis le début de son procès. Le dirigeant chinois Bo Xilai a admis, samedi 24 août, une responsabilité dans un détournement de fonds publics, ainsi que dans les suites dramatiques de l'assassinat d'un Britannique par son épouse, Gu Kilai. Malgré l'apparente transparence des débats contradictoires, les autorités contrôlent étroitement ce procès sensible qui s'achèvera, de l'avis général des experts, par l'annonce d'un verdict déjà décidé par la direction communiste.

"Je n'ai jamais eu l'intention de protéger Gu, je n'ai pas cherché à falsifier les rapports d'autopsie" de la victime, a toutefois poursuivi Bo, dans des déclarations diffusées par le tribunal de Jinan. Il y comparaît depuis jeudi.

"J'ai cru à ce que me disait ma femme"

Bo Xilai a été confronté samedi à son ancien bras droit, le chef policier Wang Lijun. Une audition surprise qui a encore renforcé l'intérêt des millions de Chinois, qui se passionnent pour ce procès au suspense hollywoodien. Neil Heywood, longtemps proche du couple, a été empoisonné en novembre 2011 à Chongqing, la métropole géante que Bo Xilai dirigeait alors.

Selon l'accusé, Wang Lijun, est venu le voir le 28 janvier 2012. "Il m'a parlé de la mort de Neil Heywood et m'a dit que certaines personnes affirmaient que Gu Kailai y était liée", a relaté Bo devant les juges. "Le soir même il est revenu me voir pour me reparler de ce problème avec Gu Kailai", a-t-il poursuivi. "J'en ai parlé à Gu, elle s'est mise dans une colère noire et a accusé Wang Lijun de la calomnier". "Elle m'a remis un certificat de la police de Chongqing établissant la mort par crise cardiaque de Neil Heywood après un excès de boisson. En bas de ce document figurait la signature de la femme de Neil Heywood", a encore relaté Bo. "J'ai cru à ce que me disait Gu Kailai, le certificat était convaincant".

Le lendemain, revoyant Wang Lijun, il lui demande de mieux expliquer ces accusations. "Wang Lijun semblait très embarrassé, il s'est tu, j'ai perdu mon sang froid (...) je l'ai giflé". "Pourquoi avez-vous brisé un verre après avoir infligé cette gifle ?", lui a alors demandé le procureur ."J'avais beaucoup de mal à me maîtriser et j'ai pensé que Wang avait perdu tout sens moral", a répondu Bo.

"J'ai fait des erreurs (...). J'ai vraiment honte"

Bo Xilai décide ensuite de suspendre Wang Lijun de son poste. Ce dernier se réfugie le 6 février dans un consulat américain où il révèle l'assassinat de Heywood. Il précipite ainsi la chute spectaculaire de Bo Xilai, qui va créer une onde de choc jusqu'aux plus hautes sphères du Parti communiste. "Dans cette affaire j'ai fait des erreurs qui ont terni la réputation du Parti et du pays, j'en ai vraiment honte (...) mais cela n'a rien à voir avec le fait d'être coupable", a confié Bo.

Peu avant, l'ex-membre du puissant Bureau politique du Parti communiste avait également admis face aux juges des torts dans un détournement de 5 millions de yuans (612 000 euros) d'argent public au profit de son épouse. "J'estime devoir assumer ma part de responsabilité dans (le fait) que cet argent soit arrivé sur le compte bancaire de Gu Kailai", a indiqué l'ancien haut responsable. Ce budget était à l'origine destiné à un projet de construction de la ville de Dalian, dont Bo Xilai était maire.

"J'ai honte, j'ai fait preuve de négligence, car il s'agissait d'argent public et je n'ai pas surveillé ce qu'il est devenu par la suite", a ajouté Bo Xilai, selon une transcription des débats. Il a cependant fermement démenti samedi "avoir eu l'intention de détourner ces fonds" et a réfuté un des principaux témoignages à charge.

Bo Xilai est, par ailleurs, accusé d'avoir reçu de deux hommes d'affaires l'équivalent de 2,67 millions d'euros en pots-de-vin, dont une luxueuse villa située dans l'un des quartiers les plus prisés de Cannes (Alpes-Maritimes). Il a vivement rejeté ces charges. Emergeant sur une colline plantée de pins majestueux, cette résidence de deux étages, à la façade ornée de bougainvillées, a longtemps été gérée par des proches de Bo, sans que lui-même apparaisse directement dans les statuts de propriété.

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