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Des prisonniers politiques de premier plan libérés en Birmanie

Après des dizaines d'années passées en prison, plusieurs leaders du soulèvement étudiant de 1988 en Birmanie vont retrouver la liberté. Cette amnistie était réclamée par l'Occident comme preuve de la sincérité des réformes du nouveau régime birman. 

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Le militant birman pro-démocratie Min Ko Naing, qui a passé la majeure partie de son temps en prison depuis 1988, le 11 janvier 2007 à Rangoun (Birmanie). (STR / AFP)

Après des dizaines d'années passées en prison, plusieurs leaders du soulèvement étudiant de 1988 en Birmanie vont retrouver la liberté, vendredi 13 janvier. Cette amnistie avait été réclamée par l'Occident comme preuve de la sincérité des réformes du nouveau régime birman. Elle a été immédiatement saluée par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi.

Cette amnistie concerne au total quelque 650 personnes, selon le quotidien officiel anglophone New Light of Myanmar. Elle a pour objectif "la réconciliation nationale [et] leur participation au processus politique". Elle a été décidée par le gouvernement nommé après l'auto-dissolution en mars 2011 de la junte du généralissime Than Shwe. Ce gouvernement, contrôlé par d'anciens militaires, a depuis multiplié les réformes politiques spectaculaires.

Un ancien Premier ministre libéré

Min Ko Naing, qui a passé la majeure partie de son temps en prison depuis 1988 et qui purgeait une nouvelle peine de soixante-cinq ans de prison pour son implication dans la "révolte Safran" de 2007, doit ainsi sortir de sa cellule dans la matinée. Htay Kywe, autre leader de la "Génération 88", également condamné à soixante-cinq ans de prison en 2007, "a été libéré", selon une de ses proches. Le soulèvement étudiant de 1988 avait causé la mort de 3 000 personnes environ.

Plus important encore peut-être, sur le plan politique, l'ex-Premier ministre Khin Nyunt, victime d'une purge, bénéficie aussi de cette amnistie. Khin Nyunt avait été limogé en 2004, puis arrêté et condamné l'année suivante à une peine de quarante-quatre ans de résidence surveillée pour corruption. Sa chute s'était accompagnée du démantèlement complet des services de renseignement militaire.

L'ONU, l'Union européenne et les Etats-Unis réclament maintenant la libération de tous les prisonniers politiques pour confirmer cette tendance réformatrice. Le nombre actuel d'artistes, journalistes, moines, intellectuels et autres opposants prisonniers est sujet à diverses estimations, allant de 500 à 1 600.

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