Cambodge : les 3 millions de fans sur Facebook du Premier ministre, des faux?

Hun Sen en veut à la presse et à l’opposition qui remettent en question sa popularité sur les réseaux sociaux. Le Premier ministre cambodgien affiche 3,2 millions de fans sur Facebook. Selon le Phnom Penh Post, seuls 20% viendraient du Cambodge, le reste de l’Inde et des Philippines où sévissent des «fermes à clics».

Capture d\'écran de la page Faceook du Premier ministre Hun Sen
Capture d'écran de la page Faceook du Premier ministre Hun Sen (DR)
«Je ne sais pas d’où ces «likes» proviennent mais je suis juste heureux que moi, Hun Sen, je sois reconnu comme le Premier ministre cambodgien par les Indiens et des gens dans d'autres pays». La polémique a tellement enflé que l'autoritaire Premier ministre cambodgien est monté au créneau jeudi 17 mars 2016 pour tenter d’éteindre l’incendie.
 

Tout est parti d’une enquête du quotidien anglophone Phnom Penh Post. Selon ce journal, 80% des nouveaux «likes » sur la page Facebook viendraient d’Inde, des Philippines, du Brésil, d’Indonésie… Pour le seul mois de février, seuls 157.331 «likes» sur un total de 779.000 reccueillis par la page de Hun Sen au mois de février viendraient du Cambodge. L’explication serait simple : l’Inde et les Philippines, réputés être des «fermes à clics» qui «vendent de faux profils pour aider à augmenter le nombre de «likes», de fans et de pages vues sur les pages des réseaux sociaux». ”
 
La guerre des «J’aime »
Il n’en fallait pas plus pour que l’opposition s’en prenne au Premier ministre qui cherche à conquérir le soutien des plus jeunes en vue des élections de 2018. Sam Rainsy, son rival politique en exil, l'a accusé d'embaucher des étrangers pour créer de faux comptes Facebook et stimuler artificiellement sa popularité sur la Toile.

Capture d\'écran Facebook
Capture d'écran Facebook (DR)

L'opposant Sam Rainsy et son parti, le Parti du sauvetage national du  Cambodge (CNRP), sont présents depuis bien plus longtemps sur les réseaux  sociaux. Avec plus de 2,3 millions de «like» sur sa page  Facebook, Sam Rainsy accuse un retard de plus d’un million de fans par rapport à son rival qui ne s’est lancé qu’en septembre 2015 sur les réseaux sociaux.

Capture d\'écran du quotidien Phnom Penh Post
Capture d'écran du quotidien Phnom Penh Post (DR)

Hun Sen, 63 ans dont plus de 30 au pouvoir, entretient des relations houleuses avec l’opposition qui l’accuse de fraudes massives lors des élections de 2013. Cette course à la popularité virtuelle est «encore un signe que Hun Sen tente désespérément de mettre un terme à la baisse de sa popularité», décrypte auprès de l'AFP l'analyste politique cambodgienne Ou Virak.