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Cambodge: l'opposant Sam Rainsy gracié avant les élections

Le chef de l’opposition cambodgienne, Sam Rainsy, est de retour au Cambodge. Rentré d'exil après avoir été gracié par le roi à la demande du Premier ministre Hun Sen, il entend aider son parti en vue des élections législatives du 28 juillet prochain.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Le chef de l'opposition cambodgienne, Rainsy Sam, lors d'une visite à Washington, le 9 mai 2013. (BRENDAN SMIALOWSKI / AFP )
A 64 ans, le chef du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) est considéré comme le plus important adversaire du Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis vingt-huit ans. C’est désormais en «homme libre» qu’il est arrivé à Phnom Penh, le 19 juillet 2013. Des milliers de ses partisans s'étaient rassemblés pour l'accueillir en héros, aux cris  de «changement, changement» ou «longue vie à la démocratie».

Le porte-parole du gouvernement, Phay Siphan, avait déclaré cette semaine : «Il est le bienvenu à la maison et il peut rentrer n’importe quand». Une opportunité que Sam Rainsy avait immédiatement saisie annonçant son retour «dans les prochains jours»

Exilé en France trois ans
Exilé en France, il avait été condamné en 2010 à douze ans de prison pour diffusion de fausses informations et de cartes mensongères pour contester le nouveau tracé de la frontière convenu entre le Cambodge et le Vietnam. En juin 2013, il s'était même vu refuser l'entrée sur le territoire thaïlandais. «Il peut revenir sans être arrêté», a assuré Cheam Yeap, député de haut rang du Parti du peuple cambodgien (PPC) au pouvoir, conscient que l'emprisonnement d'une figure majeure de l'opposition est de nature à embarrasser le gouvernement.


Qualifiant sa grâce de «petite victoire pour la démocratie», l'intéressé a toutefois estimé qu'il restait «beaucoup à faire», même si, selon lui, avec cette décision «le Cambodge va dans la bonne direction». Mais l'opposant aux lunettes cerclées de noir ne pourra ni voter ni être candidat, les listes électorales ayant été clôturées avant la signature de la grâce royale.

La mainmise du clan Hun Sen
Saluant la grâce que le roi Norodom Sihamoni lui a accordée, les Etats-Unis ont notamment émis des doutes sur l'équité du processus électoral sans la participation effective de Sam Rainsy. L'opposition dénonce un système de corruption généralisée et la mainmise du clan Hun Sen sur tous les organes du pouvoir.
 
Si les partis de l'opposition sont autorisés à faire campagne, les observateurs doutent qu'ils soient en mesure de battre l'homme fort du Cambodge. Le Parti du peuple cambodgien au pouvoir (PPC), qui dispose de puissants relais dans le pays et d'un quasi-monopole sur les médias, a gagné des sièges à chaque élection depuis 1993, date du retour au multipartisme. 

En 2008, Hun Sen avait remporté 90 des 123 sièges de l'assemblée, contre 26 pour le parti de Sam Rainsy (PSR) et trois pour le Parti des droits de l'homme (PDH), qui ont décidé de s'unir au sein du CNRP pour le prochain scrutin. Les 9,6 millions d'électeurs inscrits auront le choix entre huit partis, sous le regard attentif de 7.700 observateurs, nationaux et internationaux.

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