Le Boeing disparu a-t-il été détourné ? Les enquêteurs n'écartent pas cette possibilité

Les données radar suggèrent qu'une personne compétente en matière de pilotage était aux commandes et qu'elle a délibérément orienté l'appareil vers l'océan Indien.

Des membres de l\'équipe de recherche malaisienne du Boeing 777 de Malaysia Airlines, dans le détroit de Malacca, le 12 mars 2014. 
Des membres de l'équipe de recherche malaisienne du Boeing 777 de Malaysia Airlines, dans le détroit de Malacca, le 12 mars 2014.  (REUTERS)

Plusieurs éléments continuent d'étayer la thèse d'un détournement dans l'enquête sur la disparition du Boeing de la Malaysia Airlines, recherché maintenant depuis sept jours. Les recherches ont été étendues à l'océan Indien, vendredi 14 mars. Cette piste laisse toutefois sceptiques plusieurs experts. Francetv info fait le point.

L'avion a suivi la route des îles Andaman

Selon deux sources proches de l'enquête, le Boeing 777 a suivi la route des îles Andaman. Ces données radar suggèrent également que le vol MH370 a été délibérément orienté dans cette direction.

Un avion non identifié qui pourrait être l'appareil en question suivait en effet un cap défini par des "waypoints" (des points de virage). Cela suppose qu'une personne compétente en matière de pilotage se trouvait aux commandes lorsque l'avion été repéré pour la dernière fois par des radars militaires, au large de la côte nord-ouest de la Malaisie.

En toute logique, les recherches ont donc été renforcées en mer d'Andaman et dans l'océan Indien. Après les Etats-Unis, la Malaisie a d'ailleurs confirmé l'extension des recherches dans ces zones.

Il aurait bien volé plusieurs heures après la perte de contact

Les enquêteurs pensent ainsi que l'avion a continué à voler durant quatre heures, selon des informations rapportées par le Wall Street Journal (en anglais) et la chaîne ABC, jeudi. Leur hypothèse, validée vendredi par la Maison Blanche, s'appuie sur un signal automatique transmis par l'avion par voie satellitaire pendant plusieurs heures après sa disparition des écrans radar. Le Boeing était équipé de nombreux systèmes de communication et ceux-ci ont régulièrement cherché à se connecter à un ou plusieurs satellites relais.

En quatre heures de vol, l'avion a pu parcourir 2 200 miles supplémentaires (plus de 4 000 km) et atteindre l'océan Indien, le Pakistan ou même la mer d'Arabie, si l'on se base sur sa vitesse de croisière.

S'il avait volé plusieurs heures après sa disparition, cela accréditerait plutôt la thèse d'une prise de contrôle du cockpit. Cette théorie est renforcée par d'autres informations non confirmées, selon lesquelles les deux principaux systèmes de communication de l'avion auraient arrêté de fonctionner à 14 minutes d'intervalle, suggérant une opération manuelle.

Mais les experts doutent que l'appareil puisse voler sans être détecté

Si la thèse d'un détournement semble de plus en plus en vogue chez les enquêteurs, des experts du secteur de l'aviation doutent de l'hypothèse selon laquelle le Boeing aurait parcouru des milliers de kilomètres hors de son trajet prévu, survolant sans être détecté une région sensible parsemée de radars militaires.
 
"Qu'un appareil disparaisse totalement, à ce niveau de technologie, à cette époque, dans le ciel très animé d'Asie du sud-est est totalement incongru", relève NeilHansford, président du cabinet de consultants Strategic Aviation Solutions.
 
Une éventualité est que des systèmes radars aient détecté quelque chose, mais pas clairement. Surtout, dévoiler des données pourrait révéler des détails sur les capacités des radars militaires. David Kaminski-Morrow, du magazine Flight International, y va de son analyse : "Je suis sûr qu'il y a beaucoup de discussions en coulisses sur quelles informations dévoiler pour aider les recherches de l'appareil, et ce que vous ne voulez pas dans le domaine public."