Birmanie : Aung San Suu Kyi a été inculpée pour avoir enfreint une règle commerciale, selon son parti

La dirigeante birmane, renversée par un coup d'Etat lundi, serait pour le moment assignée à résidence dans la capitale du pays, Naypyidaw.

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Aung San Suu Kyi prononce un discours à Naypyidaw, en Birmanie, le 19 septembre 2017. (YE AUNG THU / AFP)

Aung San Suu Kyi a été inculpée mercredi 3 février, deux jours après avoir été renversée par un coup d'Etat, pour avoir enfreint une règle commerciale. La dirigeante birmane est poursuivie "pour avoir enfreint une loi sur les importations/exportations", a indiqué sur Facebook un porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Un tribunal "a ordonné sa détention provisoire pour une période de 14 jours, du 1er au 15 février"

L'armée a brutalement mis fin lundi à la fragile transition démocratique en Birmanie, instaurant l'état d'urgence pour un an et arrêtant Aung San Suu Kyi, 75 ans, cheffe de facto du gouvernement civil. D'autres responsables de la LND ont été interpellés. Parmi eux, le président de la République, Win Myint, est poursuivi pour avoir violé une loi sur la gestion des catastrophes naturelles, a précisé ce porte-parole du parti.

Des raids ont été menés dans différents locaux du mouvement et des documents ont été saisis, a-t-il ajouté. Citant cette même source, le New York Times (en anglais) précise qu'Aung San Suu Kyi est poursuivie après qu'une dizaine de talkie-walkies, importés "sans les documents nécessaires", ont été retrouvés à son domicile. Le quotidien américain indique qu'elle risque jusqu'à trois ans de prison pour cette infraction.

De premiers signes de résistance de la population

Deux jours après ce putsch, condamné par de nombreuses capitales étrangères, les premiers signes de résistance sont apparus en Birmanie. Des médecins et des professionnels de santé, portant des rubans rouges (la couleur de la LND), ont refusé de travailler, sauf en cas d'urgence médicale. Un groupe baptisé "Le mouvement de désobéissance civile" a aussi été lancé sur Facebook et compte quelque 160 000 abonnés. Mardi soir, dans le quartier commerçant de la capitale économique, Rangoun, des habitants ont klaxonné, tapé sur des casseroles, certains scandant : "Vive Mère Suu !"

Pressentant les événements, la dirigeante birmane a exhorté la population à "ne pas accepter" le coup d'Etat, dans une lettre écrite par anticipation avant son arrestation. Aung San Suu Kyi serait pour le moment assignée à résidence dans la capitale du pays, Naypyidaw. Un porte-parole du parti a précisé qu'aucun contact direct n'avait été noué avec elle, même si des voisins l'ont aperçue se promenant dans le jardin de sa résidence officielle. L'armée, qui conteste le résultat des législatives remportées par la LND en novembre, a promis la tenue de nouvelles élections, une fois que l'état d'urgence d'un an sera levé.

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