Australie : la moitié des coraux de la Grande Barrière ont péri en vingt-cinq ans

L'ensemble corallien est en danger à cause de la hausse de la température de l'eau, de ruissellements agricoles, du développement économique ou encore de l'acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux.

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Une partie endommagée de la Grande Barrière de corail, qui se situe au nord-est de l'Australie. (ANDREAS DIETZEL / ARC CENTRE OF EXCELLENCE FOR CORAL REEF STUDIES / AFP)

Vont-ils finir par disparaître ? La moitié des coraux de la Grande Barrière, en Australie, ont péri ces 25 dernières années, ont affirmé, mercredi 14 octobre, des scientifiques, auteurs d'une étude publiée dans le journal scientifique Proceedings of the Royal Society. Selon eux, le réchauffement climatique bouleverse de façon irréversible cet écosystème sous-marin.

Les espèces les plus grandes de corail, notamment celles en forme de table et celles à ramifications, sont celles qui ont été les plus affectées, au point pour certaines de disparaître de la partie la plus septentrionale de la Grande Barrière. "Elles ont à 80 ou 90% disparu par rapport à il y a vingt-cinq ans", a déclaré le professeur à l'Université James Cook, Terry Hughes, l'un des auteurs de l'étude. "Ils offrent les coins et les recoins dans lesquels nombre de poissons et de créatures se réfugient, et perdre ces énormes coraux tri-dimensionnels modifiera tout l'écosystème."

Un rétablissement possible... si l'eau refroidit

L'ensemble corallien, qui s'étend sur 2 300 kilomètres de long, est victime de blanchissement. C'est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l'eau. Celle-ci entraîne l'expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Les récifs peuvent s'en remettre si l'eau refroidit, mais ils peuvent aussi mourir si le phénomène persiste.

La Grande Barrière, inscrite en 1981 au patrimoine mondial de l'Unesco, est aussi menacée par les ruissellements agricoles, par le développement économique et par l'acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux. Le nord de cet écosystème avait déjà subi en 2016 et 2017 deux épisodes sans précédent de blanchissement de ses coraux et l'Australie avait revu l'an dernier les perspectives de cet ensemble, les considérant désormais comme "très mauvaises".

Si les températures se stabilisent au cours du siècle sous les objectifs fixés par l'Accord de Paris, il se peut que les récifs se rétablissent partiellement. "Nous ne pensons pas qu'ils se rétabliront dans la diversité que nous avons connue, historiquement", relativise Terry Hughes. Si la hausse est de trois ou quatre degrés, alors il faudra "oublier".

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