La Nouvelle-Zélande a récupéré 56 000 armes à feu depuis l'attentat de Christchurch

Le pays avait lancé en mars un programme de rachat d'armes, qui s'est achevé vendredi. La fusillade avait fait 51 morts.

La police devant le tribunal de Christchurch en Nouvelle-Zélande, le 16 mars 2019.
La police devant le tribunal de Christchurch en Nouvelle-Zélande, le 16 mars 2019. (MICHAEL BRADLEY / AFP)

La collecte est impressionnante. Le programme de rachat d'armes à feu, qui s'est terminé vendredi 20 décembre en Nouvelle-Zélande, a permis de récupérer plus de 56 000 pièces. Un nombre relativement important dans ce pays de 4,8 millions d'habitants.

L'opération avait été lancée en mars dernier, après l'attentat contre deux mosquées de Christchurch qui avait fait 51 morts. Une interdiction des armes d'assaut semi-automatiques, comme celle utilisée par le tireur, avait aussitôt été décidée. Un élément clé de cette interdiction avait été la mise en place de ce programme de rachat accompagné d'une amnistie, grâce auquel les propriétaires qui ramenaient leurs armes étaient défrayés et ne se voyaient poser aucune question.

Pas de prolongation prévue

En plus de 56 300 armes à feu, 188 000 pièces détachées ont aussi été récupérées, selon la police néo-zélandaise qui souligne qu'il "n'y aura pas de prolongation". "Toute personne possédant une arme désormais illégale pourra perdre son permis d'armes à feu et pourrait être condamnée à une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans", dit-elle.

Nombre d'amateurs d'armes à feu étaient opposés à ce programme. Le conseil des propriétaires d'armes à feu enregistrées a estimé qu'il restait environ 170 000 armes interdites en circulation dans le pays. Seules un tiers auraient été récupérées ces derniers mois.

Le gouvernement travaille à présent sur une deuxième salve de réformes, avec notamment l'instauration d'un registre des armes. Cela permettrait de savoir précisément où est chaque arme à feu dans le pays et de s'assurer que seules des personnes habilitées en sont propriétaires. Ainsi, ne pourraient pas obtenir d'armes à feu les personnes condamnées pour des crimes violents, qui promeuvent l'extrémisme ou présentent une fragilité mentale, dont les personnes ayant déjà tenté de se suicider.