Attentat à Bangkok : "Le centre-ville est déserté", témoigne une Française sur place

Francetv info a contacté deux Françaises présentes dans la capitale thaïlandaise. Elles racontent comment la population réagit au lendemain de l'attaque qui a fait au moins 20 morts et 125 blessés.

Des policiers inspectent le lieu de l\'attentat près du sanctuaire hindouiste d\'Erawan, à Bangkok (Thaïlande), le 18 août 2015.
Des policiers inspectent le lieu de l'attentat près du sanctuaire hindouiste d'Erawan, à Bangkok (Thaïlande), le 18 août 2015. (WASAWAT LUKHARANG / NURPHOTO / AFP)

Les habitants de Bangkok se sont réveillés sous le choc, mardi 18 août, au lendemain de l'attentat qui a fait au moins 20 morts et 125 blessés près du sanctuaire hindouiste d'Erawan. Parmi eux, Raphaëlle, une Française expatriée dans la capitale thaïlandaise depuis plus d'un an.

La jeune femme de 24 ans était avec sa sœur Rebecca au moment de l'explosion"Ma sœur était à Erawan 45 minutes avant l'attaque : nous devions nous retrouver dans le quartier pour dîner, mais nous avons finalement décidé d'aller dans le sud de la ville", raconte Raphaëlle, contactée par francetv info.

"Nous aurions pu y être au moment de l'explosion"

Les deux sœurs ont été informées de l'attaque lorsqu'une amie a appelé Raphaëlle depuis Paris pour prendre de ses nouvelles. "A l'origine, on devait retourner dans le centre-ville, mais nous avons préféré rentrer à l'appartementIl y avait énormément d'embouteillages, certains quartiers de la ville étaient complètement bloqués." 

Sa sœur, Rebecca, a alors pris conscience de ce à quoi elles avaient échappé. "En rentrant, j'ai essayé de lire tous les articles, de regarder toutes les vidéos de l'attaque pour comprendre ce qui s'était passé, explique la jeune femme de 20 ans. Le plus perturbant, c'est de savoir que nous aurions pu y être au moment de l'explosion."

La Française, en vacances à Bangkok jusqu'en fin de semaine, ne se montre cependant pas particulièrement inquiète pour la suite de son séjour. "Je ne connais pas Bangkok, donc j'ai du mal à saisir l'ampleur de la situation, avoue-t-elle. Je suis les indications de Raphaëlle, qui m'a dit d'éviter les lieux très fréquentés et de ne pas prendre les transports en commun."

"Les gens prennent des précautions"

Des recommandations que tout le monde garde en tête à Bangkok, selon sa sœur aînée. "Le centre-ville est déserté, souligne Raphaëlle. Les gens n'ont pas l'air particulièrement inquiets, mais ils prennent des précautions, comme éviter les quartiers où se trouvent les touristes."

Les plus anxieux sont les expatriés, qui ont été nombreux à se demander sur les réseaux sociaux s'ils devaient quitter le pays. Dès mardi matin, l'antenne de l'ONU à Bangkok, où travaille Raphaëlle, a envoyé un e-mail à tous ses employés pour les rassurer, après avoir vérifié qu'aucun d'entre eux ne figurait parmi les victimes. "Je suis allée travailler vers midi et je suis repartie plus tôt que d'habitude : je ne voulais pas rester coincée dans les embouteillages au retour", confie Raphaëlle.

"Je préfère limiter mes déplacements"

La jeune femme compte travailler de chez elle le plus souvent possible dans les jours qui viennent. "Je passe normalement par plusieurs lieux historiques de la ville pour me rendre à l'ONU, explique-t-elle. Je ne suis pas angoissée, mais je préfère limiter mes déplacements."

Raphaëlle, dont le contrat à l'ONU s'achève en décembre, n'envisage pour l'instant pas de quitter la Thaïlande avant la fin de sa mission. "'Si le roi, qui est malade, meurt, ce sera peut-être une autre histoire, estime-t-elle. Car au vu des tensions politiques dans le pays, la situation risquerait de dégénérer entre la junte et les opposants au pouvoir."