"Ils ont tué des enfants et des femmes" : dans le Haut-Karabakh, les morts côté arménien empêchent toute compassion pour les voisins azéris

Difficile d'avoir une pensée pour les victimes civiles azéries quand on est Arméniens à Stépanakert, la capitale du Haut-Karabakh touchée par les bombardements de l'Azerbaïdjan.

Article rédigé par
Claude Bruillot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Un homme devant une maison détruite à la suite d'un bombardement à Stepanakert, dans le Haut-Karabakh, le 8 octobre 2020 (photo d'illustration). (ARIS MESSINIS / AFP)

Les échanges de tirs se sont encore poursuivis, mardi 20 octobre, dans le Haut-Karabakh en plusieurs endroits de la ligne de front entre Arméniens et Azerbaidjanais. En revanche, les bombardements ont cessé depuis la fin de semaine dernière sur Stepanakert, la capitale de l'enclave arménienne. Mais on entend encore au loin les coups de canon, et les quatre jours de calme très relatif ne suffisent pas à faire oublier l'intensité des bombardements subis pendant les deux premières semaines du conflit.

>> L'article à lire pour mieux comprendre le conflit dans le Haut-Karabakh

Le mal est fait, et les victimes civiles se comptent par dizaines. Un bilan qui empêche toute compassion. Quand on essaie d'évoquer aussi les victimes civiles du côté azerbaïdjanais, même l'archevêque de l'enclave a du mal à cacher sa colère : "Ici, ils ont tué des enfants et des femmes, déplore l'archevêque. Ils ont commencé à tuer nos civils. Nous leur avons dit 'ne faites pas ça, vous allez recevoir une réponse.' Mais eux, pendant sept jours ils l'ont fait, en bombardant Stepanakert, Chouchi et d'autres villages. Pourquoi ?"

"Ce n'est pas une situation normale"

Pour les Arméniens du Haut-Karabakh, les victimes civiles azerbaïdjanaises, notamment à Gandji, sont la conséquence de l'offensive militaire de Bakou, et rien d'autre. Naira, 73 ans, a enterré lundi son fils de 46 ans. Il a été tué par un drone à Hadrout au sud du pays. Comment dans de telles circonstances réussir à penser à d'anciens voisins azéris, peut-être eux aussi éprouvés ? "Ce n'est pas une situation normale, indique Naira. La guerre se passe sur notre territoire. Ce qu'il y a eu à Gandji, je n'en sais rien."

À l'époque, on vivait normalement. Nous n'avions aucun problème. Les gens ne sont pas mauvais, ce sont leurs chefs qui sont mauvais.

Naira, 73 ans

Alors que le pouvoir azerbaïdjanais ne communique que sur les victimes civiles, les Arméniens du Haut-Karabakh, eux, déclarent sans distinction les morts au combat et les victimes innocentes des bombardements.

Haut-Karabakh : écoutez le reportage de Claude Bruillot
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