Vidéo Élection de Javier Milei en Argentine : une victoire "surprenante", commente un chercheur en sciences politiques

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Article rédigé par France Info
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Non seulement les sondages ne la prévoyaient mais la victoire est sévère : 12 points d'écart sur son poursuivant. Du "jamais vu" en Argentine, selon David Copello.

L'élection dans la nuit de dimanche à lundi de Javier Milei comme président argentin est "surprenante", selon David Copello, chercheur en sciences politiques à Cergy Paris Université et spécialiste de l’Argentine. Le candidat ultralibéral et polémiste, qui se présente comme "antisystème" l’a emporté avec 55,95% des voix, contre 44,05% pour le ministre de l'Économie sortant.

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Si cette victoire est surprenante, c'est "d'abord parce que les sondages ne la prédisaient pas du tout, et aussi parce qu'elle est très nette : 12 points d'écart entre les deux candidats, c'est quelque chose qui ne s'est jamais vu en Argentine", assure le chercheur lundi 20 novembre sur franceinfo.

Javier Milei "a réussi à combiner entre le premier et le second tour un vote anti-caste, qui était son vote de base, avec un vote de rejet du centre-gauche qui est au pouvoir", assure David Copello. "Les quartiers les plus huppés ont voté pour lui, ce qui n'était pas le cas au premier tour", souligne-t-il.

En revanche, le chercheur met en doute la capacité du nouveau président à pouvoir gouverner. Il "n'a aucun gouverneur, aucun maire, et seulement 15% de députés à l'Assemblée", explique David Copello. "Est-ce qu'il va réussir à constituer une majorité de députés déçus de la droite classique ? Cela paraît difficile", assure-t-il.

Climatosceptique, anti-Pape...

Sur le programme présenté par Javier Milei pendant sa campagne, David Copello réagit à sa proposition de supprimer le peso argentin, pour le remplacer par le dollar américain. Une "solution qui fonctionnerait pour stopper l'inflation argentine", mais qui entraînerait "de grandes inégalités sociales et empêcherait l'État de gérer sa propre économie : ce serait la Banque centrale américaine qui déciderait de la politique monétaire argentine", craint le chercheur en sciences politiques.

Sur le climat, il est considéré comme "climatosceptique", par David Copello. Le nouveau président veut "réduire l'intervention de l'État à son minimum". Résultat, "toutes les activités polluantes de l'ensemble des acteurs économiques argentins ne seront en rien limités par l'action de l'État", anticipe le spécialiste. Enfin, le chercheur évoque les critiques de Javier Milei sur le pape, qu'il a décrit comme "un représentant du malin sur la Terre, un complice des dictatures communistes au Venezuela", analyse le chercheur. Même si ce genre de discours "farfelu (...) peut être clivant en Argentine", cela n'a pas empêché le candidat controversé "d'arriver au pouvoir".

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