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Un an après, comment Occupy Wall Street peut se relancer

Le mouvement de contestation sociale fête lundi son premier anniversaire et appelle ses sympathisants à faire le siège de la Bourse de New York.

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France Télévisions
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Des militants d'Occupy Wall Street manifestent devant la Bourse de New York (Etats-Unis), le 16 septembre 2012. (ANDREW BURTON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

AMERIQUES - 17 septembre 2011. 17 septembre 2012. Occupy Wall Street fête son premier anniversaire. Pour l'occasion, le mouvement de contestation né aux Etats-Unis a organisé lundi une manifestation à New York pour bloquer la Bourse avec un "mur de gens". La police a arrêté une douzaine de personnes quand les manifestants ont voulu se mettre en route vers Wall Street.

Il y a un an, il avait surpris par sa vigueur et l'enthousiasme spontané qu'il avait suscité au sein de la population. Un an plus tard, ses membres comptent redonner de l'élan à leur mouvement, qui semble avoir périclité.

"Remettre" à l'honneur les "99%"

"Ce premier anniversaire est l'occasion de remettre nos préoccupations, celles des 99% de la population, tout en haut du programme", explique Chris James, un étudiant de 26 ans habitant à Brooklyn. Nées après la crise financière de 2008, elles n'ont pas changé : la corruption, les institutions financières ou encore le sauvetage des grandes banques et la domination des "1%" les plus riches.

Il y a un an, des centaines de personnes avaient campé durant des semaines dans le parc Zuccotti, près de Wall Street, à New York, poussant d'autres villes américaines et européennes à faire de même. A Houston, Chicago, Portland, Seattle et en Californie, des manifestants comptent d'ailleurs fêter ce premier anniversaire. L'Espagne et les Pays-Bas doivent également y prendre part.

"Réinventer" un mouvement "marginalisé"

"Occupy a pris de l'ampleur même si cela ne s'est pas vu dans les médias. Nous avons des gens partout dans le pays", assure Chris James. Environ 70 groupes, dont 30 à 40 sont "très actifs", organisent encore des activités régulières à New York, renchérit Ed Needham, l'un des porte-parole d'Occupy Wall Street. Ils étaient d'ailleurs présents en marge des conventions républicaine et démocrate ces dernières semaines.

L'historien et spécialiste des Etats-Unis Thomas Snégaroff considère au contraire que le mouvement s'est marginalisé. "L'enthousiasme qui avait porté le 17 septembre 2011 est retombé comme un soufflé", explique-t-il dans un entretien à Metro. "Le mouvement n'a pas su se réinventer autrement que dans l'occupation des rues. Il n'est pas assez structuré politiquement pour exister hors de l'agitation médiatique. Il pouvait être très puissant mais s'est retrouvé marginalisé."

"Se structurer" et se diversifier 

"Occupy Wall Street a été une expression de frustration et de tristesse, très circonscrite dans le temps, de la part d'un groupe de jeunes gens. Ce qui leur a nui, c'est qu'ils n'avaient pas de plan spécifique, pas de programme", estime lui aussi Lawrence J. White, professeur de sciences économiques à la New York University's Stern School of Business cité par le site d'information québécois La Presse.

"L'an dernier, les gens se réunissaient de façon spontanée et c'était un peu le chaos, une bonne forme de chaos. Mais aujourd'hui, il semblerait que ce chaos doive se structurer ou disparaître"
, constate Sara Blom, une anthropologue et cinéaste néerlandaise de 30 ans qui a voyagé aux Etats-Unis pour présenter le film Occupy Amsterdam. "Nous devons attirer plus de gens, pas seulement des personnes familières des formes de vie alternatives. Il faut que le mouvement soit plus diversifié."

Eviter les débordements


Le 17 novembre 2011, deux jours après avoir été délogés du parc Zuccotti, quelques milliers de manifestants avaient perturbé l'accès à la Bourse de New York, provoquant des incidents qui s'étaient soldés par une quinzaine de blessés et 250 arrestations. Mais le mouvement dit avoir appris de ses erreurs du passé et prévoit d'envoyer de petits groupes organisés perturber le trafic un peu partout dans le quartier financier de Wall Street. Dana Balicki, une porte-parole, prévient : "La police aura plus de mal à nous attraper."

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