Pérou : l'ex-président Alan Garcia s'est suicidé juste avant son arrestation

L'ancien dirigeant est mort mercredi après s'être tiré une balle dans la tête, alors que la police s'était rendue à son domicile de Lima. Il était dans le collimateur de la justice dans l'affaire Odebrecht, une entreprise brésilienne accusée d'avoir distribué de grosses sommes pour obtenir des contrats. 

L\'ancien président de la République du Pérou, Alan Garcia, lors de son arrivée au bureau du procureur de Lima, le 15 novembre 2018.
L'ancien président de la République du Pérou, Alan Garcia, lors de son arrivée au bureau du procureur de Lima, le 15 novembre 2018. (ERNESTO BENAVIDES / AFP)

L'ancien président péruvien Alan Garcia, 69 ans, s'est suicidé juste avant son arrestation dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht, mercredi 17 avril. La nouvelle a été annoncée par Omar Quesada, secrétaire général de son parti politique.

"Ce matin a eu lieu ce dramatique accident : le président a pris la décision de se tirer une balle [dans la tête]", avait expliqué un peu plus tôt son avocat Erasmo Reyna, devant l'hôpital Casimiro Ulloa de Lima. L'établissement avait évoqué une "blessure par balle à la tête" et le ministère de la Santé avait ajouté qu'il se trouvait dans "un état critique". Il n'a finalement pas survécu.

Une tentative de suicide lors de l'arrivée des policiers

Alan Garcia a commis l'irréparable quand la police s'est présentée à son domicile, vers 6h30 du matin. Voilà plusieurs mois que l'ancien chef d'Etat était dans le viseur de la justice dans le cadre des enquêtes menées dans l'affaire Odebrecht. Ce géant brésilien du bâtiment a distribué pendant plus d'une décennie un total de 788 millions de dollars dans une dizaine de pays à travers la région pour remporter des contrats, selon le ministère américain de la Justice (DoJ). L'entreprise a notamment reconnu avoir versé 29 millions de dollars de pots-de-vin au Pérou entre 2005 et 2014. 

La cheffe de file de l'opposition, Keiko Fujimori, a déjà été placée en détention provisoire dans cette affaire le 31 octobre. Mercredi dernier, c'est un autre ex-chef d'Etat péruvien, Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018), qui a été placé en détention provisoire dans le cadre de cette même affaire. Plus largement, les quatre derniers chefs de l'Etat sont aujourd'hui dans la collimateur de la justice : Alejandro Toledo (2001-2006), Alan Garcia (1985-1990, 2006-2011), Ollanta Humala (2011-2016) et Pedro Pablo Kuczynski. Cette affaire a éclaboussé de nombreux dirigeants en Amérique du Sud, comme au Brésil ou au Venezuela.