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Au Pérou, le scandale Odebrecht rebondit avec l'interpellation de l'opposante Keiko Fujimori

La principale opposante péruvienne et fille de l'ex-président a été arrêtée dans le cadre d'une affaire de corruption qui touche plusieurs pays d’Amérique latine et d’Afrique.

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Au Pérou, Keiko Fujimori, chef de l\'opposition, escortée par des policiers dans un bureau de la justice à Lima, à la suite de son arrestation le 10 octobre 2018. 
Au Pérou, Keiko Fujimori, chef de l'opposition, escortée par des policiers dans un bureau de la justice à Lima, à la suite de son arrestation le 10 octobre 2018.  (AFP PHOTO / JUAN CARLOS VIVAS / PERUVIAN JUDICIARY)

Keiko Fujimori, fille de l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori, passe vendredi 12 octobre son troisième jour en prison. La principale opposante péruvienne a été arrêtée dans le cadre du scandale Odebrecht, du nom d'un géant du BTP, qui touche de nombreux pays d’Amérique latine et d’Afrique. 

Une détention préventive

Keiko Fujimori, âgée de 43 ans, est en prison préventive pour dix jours. Elle a passé sa première nuit de détention dans les locaux de la Division des délits de haute complexité de la préfecture de Lima. La dirigeante de l'opposition péruvienne était accompagnée de son avocate. Elle a pu recevoir plusieurs visites, celle de sa mère, mais également de responsables du mouvement fujimoriste qui ont mobilisé un petit groupe de sympathisants devant la préfecture. Keiko Fujimori a ensuite été transférée au siège de la Direction de recherche criminelle de la police. Elle avait mis une veste sur ses mains afin de cacher ses menottes.

L'affaire dite des "cocktails" réapparait

Le parti de Keiko Fujimori, Force Populaire, aurait dissimulé des dons illicites, possiblement de la compagnie brésilienne de travaux publics Odebrecht, qui a reconnu de nombreux actes de corruption en Amérique latine et en Afrique. Le parti a en effet reçu des dons de plus d’un million d’euros durant cinq cocktails organisés pour financer les campagnes électorales de Keiko Fujimori, en 2011 et 2016. Force Populaire avait "oublié" de consigner les noms des donateurs dans sa déclaration financière. Après l’ouverture d’une enquête préliminaire en août 2016, le parquet avait obtenu une première piste lorsque le portail web IDL-Reporters avait révélé un an après qu’un agenda du chef d’entreprise, Marcelo Odebrecht, contenait cette phrase : "Augmenter Keiko de 500 durant la visite". Les analystes ont traduit : rajoutez 500 000 dollars à de l’argent déjà versé. En novembre 2017, Marcelo Odebrecht reconnaîtra d’ailleurs le paiement d’argent au parti fujimoriste ainsi qu’à d’autres. Quelques semaines plus tard, une perquisition dans les locaux de Force Populaire semblait montrer l’existence d’une comptabilité parallèle. Vingt dirigeants du parti sont d’ailleurs arrêtés.

Les temps sont durs pour les jujimoristes au Pérou

Dimanche dernier, les élections municipales et régionales ont été catastrophiques pour le parti, que ce soit à Lima mais également en province. Il y a quelques semaines, le pardon concédé à l’ancien président Alberto Fujimori a été annulé par la Cour suprême. Seule consolation, le Congrès dominé par les fujimoristes a voté le 11 octobre un texte de loi permettant aux prisonniers de plus de 65 ans d’être détenus chez eux avec un bracelet électronique. Alberto Fujimori devrait donc échapper à la prison.

Au Pérou, Keiko Fujimori, chef de l\'opposition, escortée par des policiers dans un bureau de la justice à Lima, à la suite de son arrestation le 10 octobre 2018. 
Au Pérou, Keiko Fujimori, chef de l'opposition, escortée par des policiers dans un bureau de la justice à Lima, à la suite de son arrestation le 10 octobre 2018.  (AFP PHOTO / JUAN CARLOS VIVAS / PERUVIAN JUDICIARY)