Ouragan Dorian : "Jusqu'à 90% des familles" des Bahamas risquent d'être touchées

Sendy Veerabadren, de la Croix-Rouge française, estime qu'il y a également un risque de crise sanitaire.

Vue satellite de l\'ouragan Dorian le 1er septembre 2019.
Vue satellite de l'ouragan Dorian le 1er septembre 2019. (HO / NOAA/RAMMB)

L'ouragan Dorian est majeur avec des vents moyens estimés à 270 km/h et des pointes pouvant aller à 325 km/h, selon le dernier bulletin du NHC (National Hurricane Center). L'ouragan est actuellement sur l'ile de Grand Bahama, à environ 180 km à l'est de Palm Beach (Floride). "On est sur un ouragan de niveau exceptionnel", a déclaré sur franceinfo Sendy Veerabadren, chef de la délégation de la PIRAC (plateforme d’intervention régionale pour la zone Amérique-Caraïbe) de la Croix-Rouge française, basée en Guadeloupe. "On considère qu'il pourrait y avoir des dévastations qui atteignent jusqu'à 90% des familles" des Bahamas.

franceinfo : Est-ce qu'on est face à une situation exceptionnelle ?

Sendy Veerabadren : On est sur un ouragan de niveau exceptionnel avec des vents à plus de 295 km/h, un système large, plus de 150 km de diamètre avec des vents de forces ouragans et 450 km de diamètre avec des vents de dimensions de tempête tropicale.

Quelle est la situation actuellement ?

L'ouragan Dorian, qui a atteint les Bahamas dimanche matin, est extrêmement puissant, plus puissant qu'Irma qui a frappé la Caraïbe en 2017. Il se déplace très lentement, il a donc le temps de créer des désastres très importants sur le nord des Bahamas, notamment sur les îles Abacos et Grand Bahama. Nous savons déjà qu'il y a beaucoup d'intrusions marines, de précipitations, des dévastations au niveau des sources d'eau. Il y a des risques de contamination de l'eau par les intrusions marines. Les systèmes d'assainissement sont fortement impactés.

Les associations parlent de 13 000 maisons gravement endommagées ou détruites. Ce chiffre est-il crédible ?

Oui tout à fait. Au niveau de la population de cette zone que l'on estime à 80 000 personnes, on considère qu'il pourrait y avoir des dévastations qui atteignent jusqu'à 90% de ces familles. Nous aurons les premiers résultats concrets à partir de mercredi, à partir du moment où les équipes pourront aller sur le terrain pour se rendre compte. Pour l'instant nous n'avons pas d'informations remontées par ces victimes, mais il est clair que c'est un phénomène extrêmement dangereux qui touche les Bahamas.

Quel est l'urgence à gérer ?

La Croix-Rouge a déployé sur place des experts, avant l'arrivée de l'ouragan que l'on suit depuis dix jours. Les personnes sur place pourront mettre en place des éléments de réponse et les actions seront des actions classiques dans ce genre de situation, l'accès à l'eau potable, l'accès à l'alimentation, l'abri et tout le matériel qui permettra aux familles de résister, des couvertures, des moustiquaires. Le risque de propagation de maladies épidémiques n'est pas à exclure en cette saison des pluies. Nous nous apprêtons à envoyer du stock de biens de première nécessité dès que nous aurons des données claires.

Est-ce qu'il y a un risque de crise sanitaire ?

Cela peut être une des conséquences quand il y a des inondations très fortes comme c'est le cas actuellement aux Bahamas. On sait qu'il y a de la dengue sur l'ensemble de l'Amérique centrale, notamment. Donc, cela peut être une conséquence à laquelle on se prépare.