Mexique : des policiers fédéraux impliqués dans le scandale des 43 étudiants disparus

Deux policiers sont mis en cause dans la disparition de ces étudiants en 2014, selon la Commission nationale des droits de l'homme.

Des portraits des 43 étudiants disparus sont accrochés au-dessus d\'une rue, à Mexico, le 14 avril 2016.
Des portraits des 43 étudiants disparus sont accrochés au-dessus d'une rue, à Mexico, le 14 avril 2016. (YURI CORTEZ / AFP)

Rebondissement dans l'affaire des 43 étudiants disparus au Mexique. Deux policiers fédéraux sont impliqués, a affirmé jeudi 15 avril la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH). Cette dernière accuse pour la première fois la police nationale dans cette affaire qui a fait grand bruit.

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Citant des témoignages d'une source anonyme, cet organisme d'Etat a déclaré que des policiers fédéraux avaient joué un rôle, au côté de policiers municipaux, dans la disparition de ces 43 étudiants à Iguala, ville du sud du Mexique, dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014.

Tués et incinérés dans une décharge

On savait que les élèves-enseignants de l'école d'Ayotzinapa avaient été attaqués par des policiers municipaux corrompus d'Iguala, mais on ignorait jusqu'à présent l'implication de membres de la police nationale. 

Selon les détails fournis par la CNDH, les deux policiers fédéraux auraient demandé aux policiers municipaux ce qui se passait, après l'immobilisation, par ces derniers, de l'un des bus des étudiants. Un des officiers municipaux aurait expliqué que les étudiants allaient être envoyés dans une ville voisine, où "le boss" (le patron), vraisemblablement un membre d'un cartel de drogue, allait "décider quoi faire avec eux", selon la commission. Les policiers fédéraux auraient alors répondu, "OK, c'est bon" et les auraient laissé les emmener.

Selon la version officielle, les policiers d'Iguala auraient livré les étudiants au cartel de la drogue des Guerreros Unidos, qui les auraient assassinés puis incinérés dans une décharge avant de disperser leurs restes dans une rivière. Seuls les restes d'un étudiant ont jusqu'alors pu être identifiés grâce à son ADN par un laboratoire autrichien. Selon les autorités fédérales, ils ont été attaqués à l'instigation de l'ex-maire d'Iguala, José Luis Abarca, et de son épouse, sœur de trois narcotrafiquants notoires.