Pérou : "Des oiseaux ont été retrouvés mazoutés jusqu'à 124 km du lieu de la marée noire", selon la Surfrider Foundation

"Il y a une véritable inquiétude", explique la porte-parole de la Surfrider Foundation Europe, Antidia Citores, à propos de la marée noire qui frappe les côtes péruviennes.

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Un homme ramasse un cormoran mort au large de la station balnéaire d'Ancon au Pérou, le 21 janvier 2022. (CRIS BOURONCLE / AFP)

"Des oiseaux ont été retrouvés mazoutés jusqu'à 124 km du lieu de la marée noire" survenue le 15 janvier au Pérou, assure dimanche 23 janvier sur franceinfo Antidia Citores, porte-parole de la Surfrider Foundation Europe, qui lutte pour la protection des océans et de ses usagers. "Les déversements se maintiennent, indique la porte-parole. Donc, il y a une véritable inquiétude. Le président du Pérou accuse Repsol d'être responsable de ces dizaines de millions de dollars de dégâts aussi bien environnementaux que touristiques."

franceinfo : De quelles informations disposez-vous ?

Antidia Citores : Les déversements se maintiennent. Donc, il y a une véritable inquiétude. Les autorités péruviennes ont désigné cette catastrophe écologique comme un écocide. Il y a une faune et une flore particulièrement fragiles qui ont été touchées, dont des oiseaux retrouvés mazoutés jusqu'à 124 km du lieu de la marée noire.

C'est essentiellement l'avifaune [les oiseaux] qui a été touchée pour l'instant, mais également toute la ressource halieutique, c'est-à-dire les poissons. La pêche est désormais interdite dans ces zones-là. On est encore à l'état de constat de ces mortalités sur des espèces côtières, comme le cormoran, et en plus on a deux parcs de protection de la nature qui sont également affectés.

Les dégâts sont également importants pour l'économie ?

Le port en lui-même ne peut pas être en activité, mais aussi tout le secteur de la pêche qui est interdite sur plus de 18 km, déstabilisant l'économie de cette région. Le président du Pérou accuse Repsol d'être responsable de ces dizaines de millions de dollars de dégâts aussi bien environnementaux que touristiques. Au moment de l'estimation définitive, il y aura des demandes de garanties financières très importantes.

Peut-on entendre l'argument de l'entreprise Repsol qui se défausse en évoquant l'éruption volcanique aux îles Tonga ?

Selon la compagnie pétrolière, le Pérou, contrairement à d'autres pays, aurait été moins alertant que d'autres pays par rapport à ce risque de vagues, qu'on peut qualifier de scélérates, qui a déstabilisé le navire au moment du déchargement. C'est un argument, mais la véritable question c'est, s'ils avaient été prévenus, est-ce qu'ils auraient mis en place un véritable plan de gestion des risques ? Est-ce qu'ils avaient une formation de leurs équipages ? Je me permets d'en douter puisque ce sont des choses qui sont relativement peu prévisibles.

La meilleure prévention aurait été de ne pas faire ce déchargement. C'est aussi pour cela que la fondation Surfrider invite de plus en plus à ne pas recourir aux énergies fossiles et à se tourner vers le renouvelable. Là, on est quand même sur du pétrole brut.

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