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Le procès du 11-Septembre, sujet à controverses

Les cinq accusés vont bientôt être mis en examen pour leur responsabilité dans les attentats de 2001. Mais le procès ne débutera que dans plusieurs années et se déroulera devant un tribunal militaire.

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France Télévisions
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Khaled Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, le 1er mars 2003 lors de son arrestation au Pakistan.  ( REUTERS)

C'est un procès historique qui se prépare aux Etats-Unis. Khaled Cheikh Mohammed, cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre 2001, ainsi que ses quatre complices présumés, vont être mis en accusation le 5 mai devant un tribunal militaire de Guantanamo, la base américaine située sur l'île de Cuba, a annoncé le Pentagone mardi 10 avril. Tous devraient être formellement accusés d'être responsables "de la préparation et de l'exécution" des détournements d'avions kamikazes sur New York et Washington, en 2001.

Mais ce procès de grande ampleur ne s'annonce pas aisé. Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, nombre de ses aspects font en effet l'objet de fortes critiques. 

• Guantanamo comme théâtre

La décision, confirmée le 4 avril, constitue un camouflet pour Barack Obama. Alors que l'administration envisageait d'organiser le procès à New York, "à deux pas de Ground Zero", note Le Figaro.fr, celui-ci aura finalement lieu sur la base de Guantanamo. 

La raison remonte à décembre 2010 : les républicains du Congrès ont "bloqué le transfèrement aux Etats-Unis des suspects de terrorisme", même pour y être jugé. Le lieu ravive de mauvais souvenirs pour Obama, qui a aussi échoué à faire fermer cette prison contestée, au douloureux passé.

• Le choix du tribunal militaire

Du fait du blocage entrepris par les républicains, le procès a aussi été renvoyé devant un tribunal militaire d'exception, créé par George W. Bush. L'inverse de ce que prévoyait Barack Obama, qui souhaitait un tribunal civil. Dès janvier 2009, le président des Etats-Unis avait en effet demandé l'arrêt des procès tenus par les commissions militaires de Guantanamo.

Pour Andrea Prasow, experte en contre-terrorisme pour l’ONG Human Rights Watch et citée par Libération.fr"si l’administration Obama avait vraiment voulu un procès civil, elle aurait pu alors faire avancer les choses. Mais elle a cédé pour des raisons politiques." Et du fait de l'opinion publique ? Selon le quotidien, certaines associations et familles de victimes se montraient frileux, craignant qu'un procès au civil soit trop clément vis-à-vis des terroristes. 

• Des victimes sélectionnées

Le procès du 11-Septembre fait aussi des remous du côté des victimes : selon la correspondante de Libération à Washington, "une loterie sera organisée pour sélectionner [celles] qui assisteront au procès". Une décision qui souligne le "gâchis" provoqué par le renvoi vers une cour militaire, souligne la journaliste. Mais les victimes non sélectionnées pourront toutefois suivre les audiences. Elles seront retransmises sur des écrans accrochés dans les bases militaires américaines.

• Un procès qui s'annonce sans fin 

Une, deux, cinq années ? C'est le temps que pourrait durer ce procès sans précédent. Peut-être même plus. Selon Andrea Prasow, il ne démarrera pas avant "deux ou trois ans". Et les appels ne sont pas impossibles. Dans ce cas, "il faudra encore compter cinq, six ou sept ans avant d’arriver à un verdict final", calcule-t-elle. Soit un jugement rendu en 2022, au pire. De quoi s'interroger sur les raisons de ce procès. Pour l'avocat David Remes, également cité par Libération, il ne s'agit que d'une "gesticulation politique" et de "sensation médiatique"

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