La seule richesse du président uruguayen José Mujica, la pauvreté

Il a été membre de la guérilla marxiste Tupamaros dans les années 60-70. José Mujica en a gardé un sens certain de la simplicité. Il vit presque chichement dans une modeste ferme de la banlieue de Montevideo, la capitale. Un président plus que «normal».

José Mujica, le charismatique président de l\'Uruguay.
José Mujica, le charismatique président de l'Uruguay. (AFP)
«On m'appelle le président le plus pauvre. Mais je ne suis pas pauvre, dit José Mujica. L'homme pauvre, c'est celui qui se bat pour conserver un train de vie onéreux.» Mujica ne serait pas marxiste qu'on pourrait parler d'ascèse. Rien chez lui, de ses vêtements à sa voiture, ne concède au luxe. 

Il refuse de vivre dans la résidence officielle, et a préféré la ferme familiale de sa femme, perdue au bout d'une route poussiéreuse. Un vieux tracteur, une Coccinelle Volkswagen de 1987, voilà pour sa seule fortune. Il cède 90% de son salaire aux œuvres, et se contente d'un salaire mensuel d'environ 900 euros, auquel il convient d'ajouter les émoluments de sénatrice de son épouse.

Mujica est proche du peuple et entend le rester. Du temps de son engagement révolutionnaire, il a pris six balles dans la peau, et séjourné 14 ans en prison. Aussi, Mujica n'est pas tendre vis-à-vis des grands de ce monde. Il leur reproche de vouloir toujours le développement par la consommation. «Comme si l'inverse signifiait la fin du monde», précise-t-il.

Seulement voilà, les temps sont durs. Selon l'opposition, la prospérité économique n'a favorisé ni la santé ni l'éducation de la population.
Du reste, la cote de popularité du président est passée pour la première fois sous les 50%. Sans doute qu'une partie de l'opinion n'apprécie pas la légalisation de l'avortement et de la consommation de cannabis.

De toute façon, Mujica se fiche de sa popularité. La Constitution lui interdit de se représenter.