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L'épave retrouvée au large d'Haïti n'est pas celle de Christophe Colomb

Elle avait été présentée comme étant celle la "Santa Maria". Après expertise, l'Unesco affirme que le bateau date en réalité d'une époque bien plus récente.

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Une réplique de la caravelle de Christophe Colomb, la "Santa Maria", au large des Bahamas, le 5 octobre 1991.  (ANDREW ITKOFF / AFP)

Ce n'était pas le bateau de Christophe Colomb. L'épave retrouvée en mai au large d'Haïti est d'une époque plus récente que la Santa Maria, a annoncé lundi 6 octobre l'Unesco, tout en appelant à poursuivre les recherches pour localiser le bateau du navigateur italien.

"L'épave présentée en mai 2014 comme celle de la 'Santa Maria' par un explorateur américain ne peut être la nef de Christophe Colomb, souligne l'Organisation des Nations unies pour l'éducation et la culture, se fondant sur les conclusions d'une mission d'experts. Il y a maintenant une preuve incontestable que l'épave est celle d'un navire d'une période beaucoup plus tardive."

L'explorateur sous-marin américain Barry Clifford pensait avoir retrouvé, au nord des côtes haïtiennes, l'épave en bon état de la Santa Maria, le navire amiral à bord duquel le célèbre explorateur avait découvert l'Amérique en 1492. L'Unesco, à la demande des autorités haïtiennes, avait décidé le 23 juin de dépêcher une mission, afin d'évaluer l'état de l'épave, exprimant aussi son inquiétude sur des risques de pillage.

Des éléments de fixation datant du 17e ou du 18e siècle

Mais cette mission d'expertise, menée par l'Espagnol Xavier Nieto Prieto, spécialiste reconnu des épaves espagnoles, et qui a procédé du 9 au 14 septembre à des fouilles sous-marines sur le site, a écarté l'hypothèse de Barry Clifford. "Les éléments de fixation trouvés sur le site (...) témoignent d'une technique d'assemblage remontant à la fin du 17e siècle ou au 18e siècle", selon l'Unesco. Ils sont en effet en cuivre, alors qu'auparavant "les éléments de fixation utilisés dans la construction navale étaient en fer ou en bois".

"Par ailleurs, au vu des récits d'époque – notamment le journal de bord de Christophe Colomb retranscrit par Bartolomé de Las Casas –, l'épave se trouve trop loin du rivage pour être celle de la 'Santa Maria'", souligne l'Unesco.

Barry Clifford avait affirmé, lors d'une conférence de presse, à New York, le 14 mai, qu'il avait peu de doutes sur l'identification du navire. "Tous les indices tendent à prouver que le bateau est, selon toute vraisemblance, la 'Santa Maria'", avait-il asséné. L'archéologue américain se fondait notamment sur la découverte, en 2003, des ruines d'un fortin construit par l'équipage du navire après son naufrage, et par celle d'un canon du 15e siècle aperçu la même année, mais disparu depuis. L'épave reposait au fond de l'eau, entre trois et cinq mètres de fond, au nord des côtes d'Haïti.

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