Affaire Florence Cassez : en a-t-on trop fait ?

C'est l'embarras qui règne, après le déclenchement de cette crise diplomatique entre la France et le Mexique autour du cas Cassez. Embarras dans la majorité dont certains représentants dénoncent "l'arrogance française" vis-à-vis du Mexique. Embarras car ces bisbilles empoisonnent d'avance l'ambiance du G20. Embarras enfin, parce que beaucoup craignent que ce soit la Française qui en subisse les plus graves conséquences dans sa geôle mexicaine.

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Concrètement, c'est l'Année du Mexique en France qui risque d'en faire les premiers frais. Plusieurs expositions ou festivals programmés dans les semaines à venir pourraient être annulés, à cause de ce bras-de-fer entre le gouvernement mexicain qui refuse que les festivités soient liées au cas Cassez et un Nicolas Sarkozy "déterminé à résoudre le problème humanitaire grave " de la jeune femme.

Mais, à plus long terme, que pourrait bien valoir à la France cette crise diplomatique ?

Hier, à l'Assemblée, alors que les parents de la jeune femme assistaient aux questions d'actualité, ils sont nombreux au sein même de la majorité à avoir manifesté leur inconfort face à cette affaire. À commencer par le député du Nord Christian Vanneste, membre du comité de
soutien à Florence Cassez, mais ulcéré par "l'arrogance habituelle " de la France qui dit au Mexique "Vous avez une justice de merde !"  Sa collègue Chantal Brunel va encore plus loin : "Ce n'est pas parce que l'on est Français et à l'étranger que l'on est forcément innocent" , s'agace-t-elle.

Dans l'opposition, même critique à l'égard des déclarations de Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie. Pour le député PS Claude Bartolone, "ce n'est jamais bon de faire la leçon à un État démocratique, surtout quand on connaît le nationalisme du Mexique ".

"Détermination " ou profil bas ?

Ce coup de froid diplomatique est d'autant plus dommageable, que Paris et Mexico vont devoir travailler ensemble au sein du G20, puisque si le premier préside l'organisation cette année, le Mexique la présidera l'an prochain.

Enfin, ce que les éditorialistes appellent les "cafouillages " et "bredouillements " contre-productifs de la diplomatie française pourraient compromettre le sort de la principale intéressée. Dans ce genre d'affaire judiciaire, beaucoup estiment que la meilleure stratégie est de "faire profil bas ". C'est en tout cas ainsi qu'un autre détenu français à l'étranger, Michael Blanc, condamné à la prison à vie en 1999 en Indonésie pour un trafic de drogue dont il se dit innocent, a amélioré ses conditions de détention et obtenu d'être libérable en 2016.