Aide au développement : l'Assemblée adopte la nouvelle "doctrine française" à l'unanimité

Les députés ont voté mardi en première lecture ce projet de loi, qui prévoit notamment des crédits en hausse pour les pays africains et Haïti.

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France Télévisions
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Les députés siègent à l'Assemblée nationale (Paris), le 6 octobre 2020. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)

Elle est unanime. L'Assemblée nationale a adopté mardi 2 mars la réforme de l'aide publique au développement (APD) française avec des crédits en hausse, recentrés sur les pays africains et Haïti, et sur les dons plutôt que les prêts. A l'issue de cette première lecture, les députés ont en effet soutenu ce projet de loi consensuel par 502 voix pour et 41 abstentions, venues des communistes, des "insoumis" et du Rassemblement national. Le projet de loi est désormais attendu au Sénat. 

Ce texte concrétise l'engagement d'Emmanuel Macron de porter l'aide publique au développement (APD) à 0,55% du revenu national brut (RNB) à la fin du quinquennat en 2022, contre 0,37% à son arrivée à l'Elysée. Il redéfinit la "doctrine française" en termes d'APD, quand certains reprochaient à la France de "saupoudrer et de ne pas être très lisible", souligne la députée LREM Valérie Thomas.

Y sont "très clairement" affichées les "priorités sectorielles" (lutte contre la pauvreté, santé, climat, éducation et égalité femmes-hommes) "et géographiques, avec dix-neuf pays prioritaires" (dix-huit pays d'Afrique subsaharienne et Haïti), ajoute l'élue de la majorité. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a salué "un très bon signal" et un "tournant", grâce à des "moyens renforcés" et des "méthodes refondées".

L'impact de la pandémie

L'opposition de droite comme de gauche a, de son côté, notamment critiqué le "retard" de cette loi de programmation, qui ne concernera finalement "que l'année 2022", regrettent Bérengère Poletti (LR) ou Clémentine Autain (LFI). "La plus grande partie du retard est due au Covid. Et ça ne nous a pas empêchés d'augmenter les crédits chaque année", répond à l'AFP le rapporteur LREM Hervé Berville.

L'APD française a atteint 10,9 milliards d'euros en 2019, 12,8 milliards en 2020 et poursuivra sa hausse cette année, quand un pays comme le Royaume-Uni va réduire son aide à environ 10 milliards de livres (11,1 milliards d'euros) en 2021, en raison de l'impact financier de la pandémie. Pour confirmer cette augmentation, les députés ont aussi inscrit dans la loi que la France "s'efforcera" de consacrer "0,7% de son revenu national brut" à l'APD à l'horizon 2025.

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