Tunisie : le président Kaïs Saïed annonce qu'il nommera un Premier ministre mais campe sur les mesures d'exception

Le président tunisien a annoncé qu'il allait faire adopter "une nouvelle loi électorale" sans en dévoiler les contours. 

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Le président tunisien Kaïs Saïed, le 20 septembre 2021 à Sidi Bouzid (Tunisie), lors de son allocution télévisée. (FETHI BELAID / AFP)

La crise politique perdure en Tunisie. Le président tunisien Kaïs Saïed a annoncé, lundi 20 septembre, qu'il nommerait un nouveau chef du gouvernement, tout en gardant en place les mesures d'exception qu'il a décrétées cet été. Le 25 juillet, le chef de l'Etat a limogé le Premier ministre Hichem Mechichi, suspendu les activités du Parlement et s'est arrogé le pouvoir judiciaire, pour un mois renouvelable, avant de prolonger ces mesures le 24 août, "jusqu'à nouvel ordre".

"Ces mesures d'exception se poursuivront et un chef du gouvernement sera nommé mais sur la base de provisions de transition répondant à la volonté du peuple", a déclaré Kaïs Saïed lors d'un discours retransmis par la télévision nationale depuis Sidi Bouzid, berceau de la révolte tunisienne de 2011 qui a renversé le régime de Ben Ali.

Une nouvelle loi électorale

Kaïs Saïed, dont le discours au siège du gouvernorat de Sidi Bouzid a été interrompu à plusieurs reprises par une foule scandant "le peuple veut la dissolution du Parlement", a en outre annoncé qu'il allait faire adopter "une nouvelle loi électorale" sans en dévoiler les contours. Le scrutin législatif de novembre 2019 qui s'était tenu sur la base de la loi électorale actuellement en vigueur avait abouti à un Parlement émietté qui a permis au parti d'inspiration islamiste Ennahdha, principal adversaire de Kaïs Saïed, d'y assumer un rôle pivot au sein d'une coalition.

Il a évoqué par la suite une réforme à venir de la Constitution de 2014 qui a instauré un système hybride, ni présidentiel ni parlementaire, source de conflits récurrents entre les deux pouvoirs. Théoricien du droit, Kaïs Saïed se présente depuis son élection surprise à une large majorité fin 2019 comme l'interprète ultime de la Constitution.

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