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Tunisie : six étudiants condamnés à trois ans de prison pour "homosexualité"

Ils avaient été interpellés fin novembre et début décembre à Kairouan, dans le centre du pays. L'homosexualité reste interdit par la loi dans ce pays du Maghreb.

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France Télévisions
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Ces six étudiants ont été arrêtés à Kairouan, dans le centre de la Tunisie. (GUIDO ALBERTO ROSSI / AGF / AFP)

Ils avaient été dénoncés par des voisins. Six étudiants de Kairouan ont été condamnés pour "pratiques homosexuelles" à trois ans de prison ferme et cinq ans d'interdiction de séjour dans cette ville du centre de la Tunisie. Leur avocate a rendu publiques, lundi 14 décembre, ces condamnations prononcées jeudi.

Il s'agit de la peine maximale au titre de l'article 230 du Code pénal. Interpellés fin novembre-début décembre, ils ont reconnu avoir eu des "pratiques homosexuelles". Des vidéos ont été également retrouvées sur l'ordinateur d'un prévenu, qui a écopé d'une peine de six mois de prison ferme pour "atteinte à la pudeur", a rapporté le HuffPost Tunisie.

Un jugement "honteux pour un Etat qui se dit démocratique"

Déplorant "des condamnations extrêmement sévères", leur avocate a annoncé avoir fait appel. Le nouveau procès devrait avoir lieu devant la cour de Sousse "d'ici deux à trois semaines". D'après l'avocate, les six étudiants ont subi durant leur détention préventive un examen anal, une pratique vivement critiquée par les ONG, qui la juge "inhumaine" et "dégradante".

Vice-président de Shams, l'association qui milite pour la dépénalisation de l'homosexualité, Ahmed Ben Amor a fustigé un jugement "honteux pour un Etat qui se dit démocratique". "Nous n'allons pas rester sans réagir", a-t-il clamé. L'ONG fait notamment valoir que l'Etat tunisien est le "garant de la protection de la vie privée des citoyens", selon la nouvelle Constitution adoptée en 2014, et que ses responsables militent depuis quelques mois au grand jour.

La responsable de Human Rights Watch (HRW), Amna Guelali, a également dénoncé le jugement de Kairouan, évoquant "un cas très grave d'atteinte à la vie privée des personnes et à leur intégrité physique". Les peines prononcées, dont celle "rarissime" du "bannissement", "sont moyenâgeuses et ne sont pas conformes à l'évolution de la Tunisie", a-t-elle ajouté.

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