Présidentielle en Tunisie : l'universitaire Kais Saïed en tête du premier tour, selon des résultats portant sur un quart des suffrages

Les résultats officiels sont attendus au plus tard mardi. Deux candidats "anti-système" revendiquent leur victoire au premier tour : Kais Saïed et Nabil Karoui.

Des électeurs tunisiens font la queue devant un bureau de vote à Marsa, au nord-est de Tunis, le 15 septembre 2019.
Des électeurs tunisiens font la queue devant un bureau de vote à Marsa, au nord-est de Tunis, le 15 septembre 2019. (CHEDLY BEN IBRAHIM / NURPHOTO)

Une première tendance, avant les résultats officiels attendus au plus tard mardi 17 septembre. Selon des résultats intermédiaires portant sur plus d'un quart des suffrages, c'est l'universitaire sans parti politique Kais Saïed qui arrive en tête du premier tour de l'élection présidentielle tunisienne avec 19% des voix, a annoncé l'Instance des élections.

Selon ces résultats, Kais Saïed devance l'homme d'affaires en prison Nabil Karoui, (14,9% des voix selon ce décompte partiel), au coude à coude avec le candidat du parti d'inspiration islamiste Ennahdha, Abdelfattah Mourou (13,1% des voix).

Ces résultats vont dans le même sens que les chiffres avancés dimanche soir par deux instituts de sondage privés tunisiens, qui plaçaient Kais Saïed en tête devant Nabil Karoui. Toutefois, ces sondages mettaient Abdelfattah Mourou en troisième position avec un plus grand écart.

Faible participation 

Sept millions d'électeurs étaient appelés dimanche à départager 26 candidats pour le premier tour de ce scrutin, qui s'est déroulé sur fond de grave crise économique et sociale, et dans un contexte de rejet des élites politiques traditionnelles. La participation a été de 45,02% selon des chiffres encore provisoires de l'Isie, un faible taux en regard des 64% enregistrés lors du premier tour de la présidentielle de 2014.

Ce premier tour semble avoir été particulièrement marqué par une désaffection des jeunes. Le président de l'Isie, Nabil Baffoun, avait exhorté cet électorat crucial à se rendre aux urnes, une heure avant la fin des opérations. Le scrutin s'est déroulé dans le calme. Les milliers d'observateurs, déployés par les partis et des institutions internationales dans les bureaux de vote, n'ont pas fait état d'infractions majeures dimanche soir.