Attaque à Tunis : le récit d'Hamadi, un guide tunisien qui a sauvé 30 touristes

Ce guide visitait le musée du Bardo avec 47 touristes italiens au moment de l'attaque terroriste qui a fait une vingtaine de morts.

Un homme dépose des fleurs le 19 mars 2015 près du musée du Bardo à Tunis (Tunisie), où a eu lieu une attaque terroriste, la veille.
Un homme dépose des fleurs le 19 mars 2015 près du musée du Bardo à Tunis (Tunisie), où a eu lieu une attaque terroriste, la veille. (AMINE LANDOULSI / ANADOLU AGENCY / AFP)

"Ma première impression c'est que ce n'était pas un attentat, j'ai dit à mes clients que quelque chose tombait du plafond, mais ce sont les Italiens qui m'ont dit que c'était une attaque terroriste." Hamadi Ben Abdessalam est guide depuis 1970. Mercredi 18 mars, il visitait le musée du Bardo, le plus célèbre de Tunisie, avec 47 touristes italiens, au moment de l'attaque terroriste qui a fait 21 morts, dont 20 touristes étrangers de différentes nationalités et un policier tunisien.

Le guide, âgé d'une soixantaine d'années, n'a pas voulu croire à un attentat, jusqu'à ce qu'il voit de ses propres yeux les impacts de balles et les douilles, a-t-il raconté à l'Agence France-Presse jeudi 19 mars. "On s'est mis tous à genoux, à ce moment là, tout le monde a paniqué." "C'est une première en Tunisie, personne ne s'y attendait", s'emporte-t-il.

"Je suis du quartier, je connaissais les sorties de secours"

Heureusement pour le groupe qui l'accompagnait, Hamadi Ben Abdessalam connaissait bien le quartier."Je suis parti à droite et 30 personnes m'ont suivi (...) et comme je suis du quartier et que je connaissais les sorties de secours, j'ai pris la direction d'(une) sortie de secours", se souvient-il. Une bonne partie du groupe étaient des croisiéristes en escale pour découvrir la capitale tunisienne et le musée. 

Hamadi Ben Abdessalam se souvient aussi, la larme à l'œil, lorsque sains et saufs lui et les trente Italiens sont arrivés mercredi soir au port de la Goulette, en banlieue de Tunis. "Arrivés au port, nous avons vécu quelque chose d'extraordinaire, raconte encore le guide très ému. On était applaudi par les passagers du bateau, les gens nous prenaient dans leur bras, tout le monde pleurait: les guides, la police. C'était quelque chose de vraiment fantastique qui nous a libéré de cette panique !"