Témoignages Soudan : "Il n'y a pas de convoi militaire, pas de protection", témoigne un ingénieur qui tente de fuir Khartoum par ses propres moyens

La situation est toujours aussi tendue au Soudan. Les évacuations se multiplient. Plus de 1 000 Européens sont partis. D’autres ressortissants tentent également de fuir mais tous n‘y parviennent pas.
Article rédigé par France Info - Lise Roos-Weil
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des habitants de Khartoum fuient la capitale soudanaise en proie à des combats depuis 10 jours entre l'armée régulière et les paramilitaires. (- / AFP)

Depuis dix jours maintenant, les combats font rage entre l'armée et les paramilitaires au Soudan et notamment dans la capitale Khartoum. Ouméma vit depuis des jours au rythme des bombes. Elle ose à peine sortir de chez elle. "J'ai peur. Ce matin, j'ai déménagé et dans la rue, juste devant moi, des immeubles ont été attaqués. Trois bâtiments se sont effondrés. Il y avait des victimes. Trois personnes sont mortes. Et ils continuent à tirer, le matin, le midi, le soir". L'étudiante burkinabé ne reconnaît pas Khartoum. Des bâtiments entiers sont détruits. Le réseau de téléphonie coupe régulièrement.

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Christian, un ingénieur camerounais s'est, lui, barricadé dans son appartement. Il décrit une "situation très complexe : on ne dort pas, on reste éveillé toute la nuit parce qu'il y a des attaques".

"Depuis le début, j'ai installé une 'safe zone' dans mon salon, loin des fenêtres. J'ai disposé les canapés un peu en hauteur, pour faire des blocus au niveau des fenêtres, en cas de balles perdues."

Christian, un ingénieur camerounais

à franceinfo

L'ingénieur camerounais appelle les ambassades depuis des jours pour quitter le pays. En vain. Alors, pour la première fois, il est sorti dans la rue. Il cherche à tout prix un ticket de bus pour rejoindre l'Égypte. "On essaye de voir comment faire pour avoir ces bus. Apparemment, tous les bus qu'on contacte sont déjà pleins et au fur et à mesure que le temps passe, il ne cesse de doubler les prix". De 50 à 500 dollars le billet en quelques jours pour un bus privé et sans protection. "Il n'y a pas de convoi militaire, il n'y a pas de protection. Donc on s'en remet juste à Dieu. Ça devient très compliqué".

"Il n'y a plus de vivres. Actuellement, il me reste à peu près 12 litres d'eau potable et en terme de nourriture, j'ai de quoi tenir pour maximum une semaine."

Christian

à franceinfo

Les épiceries sont vides, pillées ou à court de stocks. Ouméma aussi compte ce qu'elle a dans le placard. Ces amis soudanais ont quitté la ville, mais elle peut compter sur la solidarité. "Il y a des gens qui nous disent vous êtes les bienvenus chez nous. On peut vous accueillir à Mideini ou dans d'autres villes. Ils veulent nous aider". En attendant, l'étudiante passe ses journées enfermée à écouter les bombes en espérant une réponse de son ambassade.

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