«Pure Colère», témoignage de Camille Lepage sur des conflits oubliés en Afrique

Le 12 mai 2014, la photoreporter Camille Lepage est morte à l'âge de 26 ans, assassinée dans une embuscade en Centrafrique. Trois ans après ce drame, sa mère Maryvonne qui a créé l’association «Camille Lepage - On est ensemble», publie un album photo des travaux de sa fille en Centrafrique, au Soudan et au Sud-Soudan. Son titre : «Pure Colère» (Éditions de La Martinière).

Dans un entretien à RFI, Maryvonne Lepage explique: «Le titre ‘‘Pure colère’’ exprime la colère qu’avait Camille. Une colère forte de ce qu'elle côtoyait au quotidien. C'est aussi ma colère que j'exprime à travers son travail.»
 
Pendant neuf mois, Maryvonne a trié plus de 10.000 photos en se posant sans cesse cette question: «Tu en penses quoi, Camille ? Est-ce que ça te convient ? Es-tu d’accord sur ces choix? Avant tout, je dois te respecter, respecter ton travail, ton engagement, tes valeurs. ‘‘On est ensemble!’’, c’est ton expression, celle des Centrafricains, et c’est la nôtre à toutes et à tous aujourd’hui. Elle est pleine de sens à mes yeux. C’est notre force !»

Les nombreux témoignages de photojournalistes et de proches de Camille Lepage font de cet ouvrage une contribution émouvante sur le travail d’une photographe engagée. «Témoigner des conditions de vie des populations en souffrance, innocentes et oubliées dans les pays en conflit», tel était le credo de Camille. «Elle voulait par-dessus tout faire connaître la situation des populations oubliées des radars médiatiques» précise sa mère.
 
En 2012, Camille Lepage part au Soudan et au Soudan du Sud pour couvrir les conflits qui déchirent ces deux pays puis rejoint, l’année suivante, la Centrafrique quand Michel Djotodia s'autoproclame président.
 
«Situées au milieu du continent africain, la République centrafricaine et la République du Soudan du Sud font partie des terres oubliées. Elles ont leur drapeau et leur siège à l’Onu, leur code téléphonique et leur suffixe Internet. Mais ces Etats sont des naufragés du monde contemporain, abandonnés à une tragique dérive sociale, politique et économique, à l’écart des enjeux stratégiques d’un monde en apparence globalisé. (…) Ce sont ces endroits qu’avait choisi de couvrir Camille, et où elle avait décidé de vivre. (…) Camille fait partie d’une poignée de journalistes qui tentent de comprendre et de raconter, et surtout de donner une existence aux êtres humains pris dans la guerre et ses convulsions», écrit Adrien Jaulmes, journaliste reporter au service étranger du Figaro dans la préface du livre.
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