Nigeria : 17 millions d'enfants "invisibles" dans les registres d'état civil

Un enfant sur cinq n'a pas été déclaré à sa naissance, selon un rapport de l'ONU, publié fin 2019.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Une Nigériane et son bébé dans un camp de déplacés à Abuja, au Nigeria, en février 2016. (WOLFGANG KUMM / DPA)

(Article initialement publié le 14 décembre 2019)

Malgré une nette amélioration de la déclaration des naissances, plusieurs millions d'enfants de moins de cinq ans n'existent pas officiellement au Nigeria, selon un rapport publié en décembre 2019 par l'Unicef.

Un fléau en Afrique

On les appelle les enfants "invisibles" ou "fantômes", parce qu'ils n'ont pas de certificat de naissance ni d'état civil. Ce problème, qui concerne 166 millions d’enfants dans le monde, touche particulièrement l'Afrique subsaharienne. Au Nigeria, pays le plus peuplé du continent (190 millions d'habitants), près de 17 millions d’enfants de moins de cinq ans n'ont pas été enregistrés à leur naissance.

Sans preuve de leur identité, les enfants sont souvent exclus du système d’éducation et n’ont pas accès aux services vitaux comme ceux de la santé. Ils sont vulnérables à l’exploitation et aux abus

Peter Hawkins, représentant de l'Unicef au Nigeria

Les raisons de ce phénomène

Au Nigeria, comme dans d'autres pays africains, les formalités administratives peuvent être compliquées. Les centres d'enregistrement sont parfois éloignés ou manquent de matériel, rappelle l'Unicef. Faute de moyens et de temps, les familles renoncent à se procurer un acte de naissance officiel. 

Parmi les obstacles à la déclaration des naissances, on note aussi le manque d’informations, le coût de la démarche ou bien encore l'attachement de certaines communautés à des pratiques traditionnelles.

Beaucoup de progrès

Même si le nombre d'"enfants invisibles" est impressionnant au Nigeria, il faut noter que l'enregistrement des naissances a nettement augmenté ces dernières années. Les progrès ont été obtenus grâce notamment aux campagnes de sensibilisation et à la simplification des démarches. La déclaration est devenue possible dans les centres de santé et l'Unicef mise désormais sur la technologie (déclaration par SMS) pour rendre l'enregistrement systématique et protéger les droits des enfants en leur donnant une identité juridique.

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