Niamey-Cotonou-Dakar... Le drame des inondations récurrentes et dévastatrices en Afrique de l'Ouest

Plusieurs quartiers de Niamey, la capitale du Niger sont sous les eaux. Un spectacle de désolation devenu récurrent dans les grandes villes ouest-africaines.

Les faubourgs de Freetown, la capitale de la Sierra Léone, submergés par les crues le 14 août 2017.
Les faubourgs de Freetown, la capitale de la Sierra Léone, submergés par les crues le 14 août 2017. (STR / SOCIETY 4 CLIMATE CHANGE COMMUNI)

Les pluies torrentielles qui s'abattent depuis le mois de juin sur les rives du fleuve Niger ont provoqué de graves inondations dans plusieurs pays de l'Afrique de l'Ouest. Les eaux engloutissent tout sur leur passage. Habitations, rizières et jardins maraîchers sont submergés. C'est le cas à Niamey, la capitale du Niger.

Les dégâts sont énormes. Nous n'avons jamais pensé que les eaux puissent monter jusqu'à un tel niveau. Nous avons été surpris dans notre sommeilUn habitant de Niamey victime des cruesà l'AFP

Au 18 août, les inondations avaient déjà fait une quarantaine de morts et plus de 150 000 sinistrés, selon les services de secours nigériens.

Un manque criant d'infrastructures urbaines

Chaque année, on assiste au même spectacle de désolation dans plusieurs villes ouest-africaines. Des inondations dévastatrices qui entraînent des pertes en vies humaines, qui détruisent des biens et des récoltes, tout en propageant des épidémies sur leur passage.

En 2019, huit des 12 pays africains les plus touchés par les inondations se trouvaient en Afrique de l'Ouest : Côte d'Ivoire, Ghana, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal et Sierra Léone. La plupart d'entre eux souffrent d'un manque d'infrastructures urbaines sans lesquelles la maîtrise des crues est impossible.

Dans les zones qui entourent les grandes villes, l'architecture non maîtrisée des constructions anarchiques aggrave les phénomènes climatiquesMohamed Taabni, spécialiste en géographie environnementaleau journal La Croix

Mohamed Taabni plaide en faveur de la mise en place de meilleurs réseaux d'assainissement dans les grandes villes ravagées par les inondations. Il s'agit, dit-il, d'un enjeu majeur dans ces métropoles qui attirent de plus en plus les populations venues des campagnes.

Que font les dirigeants africains ?

Tous les ans, à la même période, c'est la même chose, déplore le site ivoirien d'information afrique-sur 7. Ce sont des torrents d'eau qui se déversent dans les rues de nos villes, "obstruant les rares circuits d'évacuation". Et de pointer la passivité des dirigeants ouest-africains qui assistent sans broncher à ces tragédies récurrentes.

"Les hommes politiques se contentent d'admirer les éclairs déchirer le ciel lourd, à bord de leurs 4X4 de commandement. Ils continuent à vaquer, presque normalement à leurs occupations, pendant que les populations sont englouties par des flots d'eau boueuse", dénonce l'auteur d'une tribune publiée sur le site lors des inondations particulièrement meurtrières de 2017.

Cette année-là, les inondations avaient fait des milliers de morts et des centaines de milliers de sinistrés en Afrique de l'Ouest. Dans sa tribune parue dans la foulée de cette tragédie, il pointait du doigt la qualité douteuse des quelques infrastructures existantes, très dégradées, et qui sont emportées sous la pression de fortes pluies.

La réalité, c'est qu'aucun politique de ces pays n'a jamais eu l'idée d'engager une vraie réflexion sur comment canaliser et utiliser ces millions de mètres cubes d'eau qui ravagent nos villesdans une tribune publiée sur le site ivoirien afrique-sur 7

Selon une étude de la Banque mondiale réalisée en 2019, les inondations qui ravagent l'Afrique de l'Ouest, avec le phénomène inquiétant d'érosion et la pollution qu'elles entraînent, coûtent chaque année quelques 3,8 milliards de dollars aux pays de la région.