"J'ai survécu par la grâce de Dieu" : en Somalie, des déplacés dans une situation précaire, selon Amnesty International

La grande majorité des familles qui ont fui leurs maisons sont installées dans des camps surpeuplés.

Un travailleur humanitaire dans un camp de déplacés près de Mogadiscio en avril 2020. 
Un travailleur humanitaire dans un camp de déplacés près de Mogadiscio en avril 2020.  (SADAK MOHAMED / ANADOLU AGENCY)

L’organisation Amnesty International met en garde contre une propagation exponentielle du Covid-19 en Somalie, où une personne sur quatre vit dans un camp de déplacés. Les sites surpeuplés manquent d'eau et les centres de santé tournent au ralenti.

Un demi-million de déplacés autour de Mogadiscio

Combats, sécheresse, inondations, invasion de criquets… autant de problèmes qui poussent les Somaliens à fuir leurs habitations. Le nombre de déplacés augmente sans cesse alors que les aides diminuent. Selon le Haut comité aux Réfugiés, il y a plus de 2,6 millions de déplacés internes dans ce pays pauvre de la Corne de l'Afrique. Près d'un demi-million d’entre eux se trouvent concentrés dans la région côtière de Benadir, autour de la capitale Mogadiscio. Ils sont répartis sur 700 centres et vivent dans des conditions très précaires.

L'eau potable et les installations sanitaires sont insuffisantes et l'accès aux soins extrêmement limitéDeprose Muchena, directeur du programme Afrique de l’Est et Afrique australe à Amnesty International

Des soins de santé insuffisants

Cette concentration de personnes dans des centres sous-équipés inquiète Amnesty International qui craint une propagation du Covid-19. A ce jour, il y a plus de 3 000 cas confirmés en Somalie, dont près de la moitié dans la région de Benadir, selon le ministère de la Santé. Le nombre de personnes contaminées pourrait être plus élevé puisqu'il n'y pas de dépistage dans les camps, selon les témoignages recueillis par l'organisation.

Mais le plus difficile encore est que les soins de santé ont été considérablement réduits ces derniers mois en raison des couvre-feux, du manque de financement et d'autres restrictions. Les déplacés somaliens sont ainsi privés d'aides médicales.

Le centre de santé était fermé, j'ai dû accoucher chez moi. C'était des jumeaux. Nous avons eu de la chance, j'ai survécu par la grâce de DieuHalima Mohamed, déplacée somalienne au camp de Dayahà Amnesty International

Les camps ayant atteint leur capacité maximale, de nombreuses familles sont contraintes de construire des abris de fortune sur des terrains privés vacants, d’où elles sont constamment expulsées par la force. Selon le Conseil norvégien pour les Réfugiés, 33 400 personnes déplacées ont ainsi été expulsées à Mogadiscio depuis janvier 2020.