En Egypte, la vie d’une enseignante bascule après une danse du ventre lors d'une sortie privée

La vidéo filmée par l'un de ses collègues est devenue virale sur les réseaux sociaux.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Un bateau de croisière sur le Nil. (MAISANT LUDOVIC / HEMIS.FR / HEMIS.FR)

Aya Youssef, une jeune enseignante égyptienne, s’est retrouvée malgré elle au centre d’une polémique après la diffusion d’une vidéo filmée à son insu lors d’une sortie privée entre collègues.

Une vidéo virale

C’est une sortie ordinaire entre amis qui se transforme en cauchemar. Le 10 décembre dernier, Aya Youssef, professeur d’arabe dans une école primaire effectue une danse du ventre lors d’une sortie en bateau sur le Nil. Les images sont publiées un mois plus tard sur les réseaux sociaux et deviennent virales.

La jeune femme, mère de trois enfants, est réveillée en pleine nuit par l’une de ses amies qui l’alerte. Les commentaires sont accusateurs, la femme est jugée "impudique", "immorale", et les mauvaises langues crient au scandale. Aya Youssef ne comprend pas ce qu'il lui arrive. Elle doit s’expliquer devant sa hiérarchie au ministère de l’Education, son mari demande le divorce et sa vie bascule.

Dans la vidéo (ci-dessous), diffusée sur YouTube par le site égyptien al-Joumhouriya on line, on la voit tout simplement danser joyeusement entourée de ses collègues. 

Un mea culpa médiatique

Pour se faire oublier, alors qu’elle sait pertinemment qu’elle n’a rien fait de mal, Aya Youssef tente désespérément de raconter son histoire dans les médias égyptiens. Elle explique qu’elle était avec ses enfants, qu’elle a dansé comme tout le monde et qu’elle a été filmée à son insu. Elle "reconnaît" que son comportement était "une erreur" et qu’elle a heurté la sensibilité de certaines personnes.

La danse du ventre fait partie de la culture égyptienne mais avec la montée du conservatisme ces dernières années, les femmes n’osent plus danser en public pour ne pas être accusées d'indécence. 

Une défense timide

Dans cette tempête médiatique, quelques voix se sont élevées pour dénoncer l’hypocrisie et l’injustice qui règnent dans la société égyptienne où l'on peut tout faire tant que ça ne sort pas de la sphère privée ou du milieu bourgeois.

Des défenseurs des droits de l'Homme, des intellectuels et des artistes ont condamné "une chasse aux sorcières" contre les femmes. Dans une vidéo publiée sur Facebook, l'avocate Nihad Abou al-Qoumsan, directrice du Centre égyptien pour les droits des femmes, s’est engagée à poursuivre en justice la personne qui a publié la vidéo sur internet.

Des images de femmes en ligne ont déjà provoqué de faux scandales, des campagnes de diffamation et des drames en Egypte. En décembre dernier, une jeune fille de 17 ans s’est suicidée après la publication d’un photomontage, comme le rappelle l’AFP. D’autres femmes dont une professeur d’université ou des influenceuses ont été condamnées par ailleurs pour "incitations à la débauche" ou "atteinte aux bonnes mœurs" pour une danse. 

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