Egypte : manifestations anti-Sissi à Suez après celles de la place Tahrir au Caire

Gaz lacrymogènes et arrestations n’ont pas empêché des Egyptiens de manifester les 20 et 21 septembre contre le régime du président Sissi, aux cris de "Sissi va-t-en". Une première depuis l'arrivée du militaire au pouvoir en 2013.

Manifestants criant des slogans contre le pouvoir dans le centre du Caire, le 21 septembre 2019.
Manifestants criant des slogans contre le pouvoir dans le centre du Caire, le 21 septembre 2019. (OLIVER WEIKEN / DPA / AFP)

"La foule s'est rassemblée sur la place Tahrir au Caire, site du soulèvement de 2011 qui a renversé le régime d'Hosni Moubarak, vendredi soir (20 septembre) et samedi matin, appelant à la fin du règne de Sissi", rapporte le site Middleeasteye qui évoque "la plus grande manifestation" depuis l’arrivée du président au pouvoir, lors du coup d’Etat du 3 juillet 2013. C’est la première fois depuis que le président Sissi s’est installé au pouvoir, mettant un terme à la révolution qui renversa le régime Moubarak, que des manifestations contre le régime éclatent au Caire et dans plusieurs villes du pays.

Dans la ville de Suez, des affrontements ont éclaté dans la nuit du 21 au 22 septembre entre la police et des manifestants. "Il y avait environ 200 personnes dans le centre de Suez", a raconté un manifestant de 26 ans interrogé par l'AFP sous le couvert de l'anonymat. Selon lui, les forces de sécurité "ont tiré des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des balles réelles. Il y a des blessés".

Au Caire, la police était très présente samedi 21 aux abords de la place Tahrir, lieu emblématique de la révolution de 2011. Plusieurs centaines d'Egyptiens avaient défilé tard la veille dans plusieurs villes du pays pour exiger le départ du président Abdel Fattah al-Sissi, avant d'être dispersés rapidement par les forces de sécurité qui ont procédé à des dizaines d'arrestations, les manifestations antigouvernementales étant interdites.

"Sissi, va-t-en", scandaient les manifestants brandissant des pancartes avec des slogans appelant au départ du président égyptien. Les possibilités de critiquer le régime sont rares en Egypte, pays qui vit sous état d'urgence et où les mouvements de protestation sont interdits en vertu d'une loi adoptée en 2013 après le coup d'Etat militaire dirigé par le général Sissi contre le président élu Mohamed Morsi.            

Le régime égyptien mène une répression sans merci contre l'opposition, emprisonnant des milliers d'islamistes, de militants de la société civile ou encore de blogueurs. Ces manifestations ont lieu alors que le pays vit une période difficile d'austérité, dans le cadre d'un plan décidé avec le soutien du FMI.