Covid-19 : "Nous voulons acheter des vaccins", clame l'envoyé spécial de l'Union africaine

Les dons restent insuffisants pour l'Afrique où seulement 3,6% de la population est complètement vaccinée.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Doses de vaccins contre le Covid-19 : Comirnaty de BioNTech/Pfizer et le sérum produit par AstraZeneca.  (FRANK HOERMANN/SVEN SIMON / SVEN SIMON)

"Nous voulons acheter des vaccins", a déclaré Strive Masiyiwa, envoyé spécial de l'Union africaine (UA) pour l'acquisition de vaccins, lors d'une conférence de presse au siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, en Suisse, le 14 septembre 2021. "Le partage des vaccins, c'est bien. Mais nous ne devrions pas avoir à compter sur le partage des vaccins", a-t-il poursuivi.

Alors que l'Union africaine a mis en place un Fonds africain pour l'acquisition des vaccins (AVAT), les fabricants de vaccins ont, aux yeux de l'envoyé spécial de l'UA, la "responsabilité morale" de vendre aussi des doses aux pays africains : "Ces fabricants savent très bien qu'ils ne nous ont jamais donné un accès approprié" aux doses.

Pour le Dr Matshidiso Moeti, la directrice régionale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Afrique, ces fabricants "doivent être plus transparents sur leurs calendriers d'approvisionnement et les pays disposant de suffisamment de doses doivent abandonner leur place dans la file d'attente de fabrication" au profit du mécanisme Covax qui assure l'accès aux sérums aux pays les moins nantis. 

"Libérer" les doses pour les remettre sur le marché

"Le moyen le plus rapide de mettre fin à cette pandémie est que les pays disposant de réserves libèrent leurs doses afin que d'autres pays puissent les acheter", a renchéri le 16 septembre la directrice régionale de l'OMS lors de la conférence de presse hebdomadaire du bureau. "Les pays qui ont promis des doses doivent de toute urgence tenir leurs promesses, maintenant et non plus tard, et intensifier le partage des vaccins", a-t-elle ajouté. 

Alors que les pays les plus avancés administrent des troisièmes doses, les injections ne décollent toujours pas dans les pays pauvres, notamment africains. Quelque 50 millions d'Africains sont complètement vaccinés, soit 3,6% de la population du continent, selon l'OMS. Cette dernière espère aider chaque pays à vacciner au moins 40% de sa population d'ici la fin de l'année et 70% de la population mondiale d'ici le milieu de l'année prochaine.

L'agence des Nations unies a ainsi demandé aux Etats concernés de surseoir les campagnes de rappel jusqu'à la fin de l'année. Le dispositif international Covax ayant récemment revu à la baisse ses prévisions, faute de doses suffisantes.

"Les données actuelles indiquent que les troisièmes doses ne devraient être administrées qu'aux personnes confrontées à un risque élevé de maladie grave et de décès, malgré une vaccination complète, y compris celles dont le système immunitaire est compromis", a rappelé le Dr Matshidiso Moeti. 

"Abandonnés par le reste du monde"

Strive Masiyiwa, l'envoyé spécial de l'Union africaine (UA), a de nouveau appelé le 14 septembre la communauté internationale à lever les droits de propriété intellectuelle sur les vaccins. Cependant, selon lui, il est encore plus urgent que les pays mettent fin aux "restrictions d'exportations de vaccins et à leurs composants".

Les pays africains "ont été abandonnés par le reste du monde", a résumé pour sa part le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors de cette même conférence de presse. 

Le continent africain compte désormais plus de 8 millions de cas de Covid-19, mais "pour la 9e semaine consécutive", les nouveaux cas sont en baisse. Pour autant, insiste le Dr Matshidiso Moeti, ce n'est pas "une raison pour baisser la garde."

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