Covid-19 : l'Afrique face à une deuxième vague, plus meurtrière

Le taux de mortalité du nouveau coronavirus en Afrique s'établit désormais à 2,5% des cas recensés, au-dessus de la moyenne mondiale de 2,2%. 

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Des ambulanciers poussent un homme présentant des symptômes de coronavirus à l’intérieur d’une ambulance, au nord de Pretoria, en Afrique du Sud, le 15 janvier 2021. (PHILL MAGAKOE / AFP)

La deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 se révèle plus meurtrière en Afrique, où le taux de mortalité dépasse désormais la moyenne mondiale, a annoncé le 21 janvier le Centre de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC, lien en anglais). Le taux de mortalité du nouveau coronavirus en Afrique s'établit désormais à 2,5% des cas recensés, au-dessus de la moyenne mondiale de 2,2%, a expliqué le directeur cette agence spécialisée de l'Union africaine (UA), John Nkengasong, lors d'une conférence de presse. Le nombre de cas sur le continent a augmenté de 14% par semaine lors du mois dernier.

Augmentation du taux de mortalité

Depuis le début de la pandémie, l'Afrique reste officiellement l'un des continents les moins touchés, avec 3,3 millions de cas de Covid-19 et presque 82 000 morts, selon l'organisme. Mais l'augmentation du taux de mortalité marque une rupture avec la première vague, lors de laquelle il était resté en-dessous de la moyenne mondiale, a rappelé John Nkengasong.

"Nous sommes en train d'assister à un retournement. C'est une des caractéristiques notables de la deuxième vague, que nous devons combattre âprement"

John Nkengasong, directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC)

à l'AFP

A l'heure actuelle, 21 pays africains enregistrent des taux de mortalité supérieurs à la moyenne mondiale de 2,2%. Entre autres exemples donnés par le CDC, le Soudan enregistre un taux de mortalité de 6,2%, l'Egypte de 5,5%, le Liberia de 4,4% et la République arabe sahraouie démocratique – un Etat membre de l'UA – de 11,8%.

Choisir qui soigner entre les malades

Cette surmortalité est provoquée par l'accélération du nombre de cas, qui engorge les systèmes de santé sur le continent, selon John Nkengasong. La dynamique de l'épidémie "dépasse la capacité des infirmières et des médecins à prendre en charge les patients", a-t-il expliqué. 

"Les patients ne bénéficient pas de l'attention et des soins nécessaires car nous avons un nombre limité de lits et de fournitures"

John Nkengasong, directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC)

à l'AFP

Il a notamment souligné les besoins en oxygène, utilisé pour soigner les formes graves de Covid-19, qui deviennent "critiques". Au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, les autorités sanitaires rapportent devoir "choisir quels patients prendre en charge et auxquels refuser les soins", a-t-il détaillé.

L'UA a annoncé la semaine dernière avoir commandé 270 millions de vaccins pour le continent, en plus de ceux prévus via le dispositif Covax, une initiative de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de partenaires privés pour un accès équitable aux vaccins. Des négociations sont "en cours" avec la Russie et la Chine pour commander des doses supplémentaires, mais "nous n'avons pas d'accord pour le moment".

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