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"Challenge One", satellite 100% tunisien, sur orbite

La Tunisie est le premier pays du Maghreb à fabriquer son propre satellite, et le sixième en Afrique.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Temps de lecture : 2 min
Le président tunisien Kaïs Saïed assiste au lancement du premier satellite tunisien Challenge-1, créé par le groupe de télécommunications Telnet, à Tunis le 22 mars 2021. (FETHI BELAID / AFP)

C'est un petit pas pour l'aérospatiale, mais un grand pas pour la Tunisie. Le premier satellite fabriqué entièrement localement, destiné à l'internet des objets connectés, a été lancé dans l'espace lundi 22 mars 2021. "C'est une fierté d'avoir participé à ce projet, travailler dans le secteur aéronautique ou aérospatial est un rêve", a déclaré à l'AFP Khalil Chiha, ingénieur formé à l'Ecole nationale d'électronique de Sfax (centre). La Tunisie est le premier pays du Maghreb à fabriquer son propre satellite et le sixième pays africain, après notamment l'Afrique du Sud, l'Egypte ou le Ghana, selon le site spécialisé Space in Africa (lien en anglais).

Expériences

Thermomètres ou capteurs d'humidité ou de pollution connectés, puces de localisation... ce satellite expérimental est destiné à récolter les données collectées par ces appareils pour y avoir accès en temps réel même dans une zone terrestre sans couverture internet. Challenge One, créé par l'entreprise tunisienne de télécommunications Telnet, devait rejoindre son orbite à 10h20 GMT à bord d'un lanceur Soyouz. La fusée, qui devait initialement décoller samedi 20 mars, à l'occasion du 65e anniversaire de l'indépendance tunisienne, a finalement quitté Baïkonour, au Kazakhstan, lundi 22 mars au matin à cause des mauvaises conditions climatiques. Un décollage suivi depuis Tunis par le président tunisien Kaïs Saïed"Notre richesse réelle est la jeunesse qui peut faire face aux obstacles", a déclaré Kaïs Saïed, soulignant que la Tunisie, empêtrée dans une crise sociale et politique, ne manquait pas de ressources, mais de "volonté nationale".

"Nous avons aussi présenté une proposition au cosmodrome russe de Baïkonour pour envoyer une Tunisienne à la station spatiale ISS. Elle sera la première femme arabe à visiter la station"

Kaïs Saïed, président de la Tunisie

à La Presse

Connexion satellitaire 

Ce projet d'environ un million d'euros, lancé en 2018, est la concrétisation du travail d'une équipe de jeunes ingénieurs locaux, encadrés par quelques experts tunisiens travaillant à l'étranger, dont l'un a participé à la mission Perseverance de la Nasa sur Mars. Challenge One, qui doit disposer d'une capacité de transmission de 250 kb/s sur 550 km, tente de répondre au besoin croissant de connexion satellitaire pour les objets, car moins de 20% de la surface du globe est couverte par le réseau internet terrestre. Telnet souhaite lancer d'ici trois ans, en partenariat avec d'autres pays africains, une constellation de plus de vingt satellites pour exploiter commercialement cette technologie. "Cela ouvre la voie à l'ouverture d'un service innovant pour la région, dans un domaine en pleine expansion", a souligné à l'AFP Mohamed Frikha, PDG de Telnet.

Ruée vers l'espace

Signe du développement aérospatial dans la région, les Emirats arabes unis ont lancé en février la première mission interplanétaire arabe, une sonde en orbite autour de Mars. Une agence spatiale africaine et un groupe de coopération arabe dans le domaine spatial ont été mis sur pied en 2019.

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